Auber sans la Peur
Et maintenant,
que va-t-il nous arriver ?
Nos questions
(dernière mise à jour 2007)
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OMITÉ DE VIGILANCE D'AUBERVILLIERS
CONTRE LES EXPULSIONS DES FAMILLES ET ÉLÈVES SANS-PAPIERS
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S'occuper des sans-papiers à Aubervilliers, nous fait aller de surprise en surprise quant à l'adversité rencontrée de la part de l'administration.
Nous découvrons que notre pays longtemps renommé pour ses traditions d'accueil a radicalement changé.
Alors qu'il y a 30 ans des bateaux allaient secourir des réfugiés en mer de chine et les débarquaient en France, aujourd'hui des décisions administratives déchirent des familles installées depuis plusieurs années en France, et parfaitement intégrées, en éloignant le père ou la mère.
 Il est devenu normal de placer des mineurs en centre de rétention. Ils seront marqués à vie par le désespoir qu'il y ont rencontré.
La libre circulation est un bien lointain souvenir.
Le sort des familles est entre les mains du Préfet, et les quelques protections juridiques tombent les unes après les autres.
Il nous semble utile de poser les questions suivantes:
Objectifs de la circulaire du 13 juin 2006 ?
La circulaire Sarkozy a été annoncée comme visant à éviter par des mesures provisoirement assouplies, l'expulsion de familles  bien intégrés et dont les enfants ne connaissent que la France. (la circulaire se trouve ici)Cliquez pour visualiser la circulaire
Elle a eu pour conséquence, la mise à jour des fichiers des Préfectures, en recensant les parents clandestins qui s’y sont présentés en nombre dans l’espoir d’une régularisation.
Cette conséquence n'était-elle pas plutôt le but recherché?
Les régularisations exceptionnelles, et les refus généralisés pourraient le laisser croire.
Des familles qui remplissaient tous les critères ont indiqué leur adresse à la Préfecture,  certaines sont maintenant reconduites de force à l’étranger.

Moyens mis en œuvre pour appliquer les décisions de refus prises par les préfectures ?
L’état compte-t-il se doter des moyens policiers nécessaires pour traquer et expulser toutes les familles, ou compte-t-il maintenir la situation actuelle, où le drame de la reconduite à la frontière frappe au hasard certaines familles et laissent toutes les autres dans la peur ?
Des transferts de masse sont-ils prévus pour l’avenir ?
Pour Aubervilliers, devons nous prévoir la fermeture d’une école car aujourd’hui 500 enfants ont des parents en situation irrégulière ?
Procédés utilisés
Le ministère de l’intérieur compte-il se servir des enfants scolarisés dans les écoles, pour traquer leurs parents, soit en venant les y chercher, soit en les faisant suivre jusqu’au domicile des parents ?
Le ministère compte-il poursuivre l’internement des enfants dans les centres de rétention, seuls cas connus d’enfermement d’enfants en bas âge ?
Des parents contraints au départ, font le choix cruel de laisser derrière eux leur enfant seul en France, pour lui éviter une vie sans espoir dans le pays d'origine. Ces enfants bénéficieront–ils de la protection sociale de l’état français ou seront-ils reconduits aussi à l'étranger ?
Arguments juridiques avancés par le Ministère de l’émigration et les Préfectures
Préfectures et ministère cesseront-il un jour de prétendre que :
  • le droit à la vie privée et familiale (art. 8 de la convention européenne des droits de l’Homme)
  • l'intérêt supérieur de l’enfant (art. 3. de la convention internationale des droits de l’enfant)
  • le droit à ne pas être exposé à des traitements inhumains et dégradants (art. 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme).
ne sont pas applicables aux personnes en situation irrégulière sur le territoire Français ?
Cette thèse est très souvent soutenue par les avocats des Préfectures et du Ministère.

Accueil en Préfecture

La Préfecture de Bobigny réservera-t-elle un jour des conditions d'accueil plus dignes aux étrangers qui tentent la régularisation?

Actuellement un étranger est tenu par la loi de se faire connaitre en Préfecture.
Nous avons tous déjà fulminé contre le temps perdu à faire immatriculer un véhicule ou renouveler des papiers d'identité, pourtant cela ne peut être comparé aux conditions indignes réservées aux étrangers.
Si vous avez l'occasion de passer vers minuit devant le bâtiment des étrangers à Bobigny, vous y trouverez des gens installés devant le bâtiment pour y passer la nuit (nouveau-nés compris). Le gros des arrivées a lieu entre 5 et 7 heures du matin.  (compte rendu de situation en 2006)
La queue se forme peu à peu, entre deux parois de marbre, dans lesquels ont été taillé quelques renfoncements, qui permettent à quelques personnes âgées ou enfants de s'assoir. Tout le monde est debout, et de plus en plus tassé pour empêcher les resquilleurs de se faufiler. Aucun auvent, ni toiture, ne protège la queue des intempéries. Si la pluie tombe le troupeau s'imbibe lentement. Les personnes munies de parapluie les tiennent à bout de bras, l'eau des parapluies dégouline sur les voisins. Les plus prévoyants transpirent dans des vêtements étanches, les imprévoyants voient leur précieux dossier prendre l'eau, il sera bientôt illisible.
Les portes ouvrent vers 8 h 30, un ticket avec numéro est remis à chacun dans la bousculade.
Peu après 9 heures, se termine la distribution des tickets, les naïfs qui se présentent alors n'aurons jamais accès aux guichets.
Le hall du bâtiment des étrangers se remplit, les chaises sont bientôt toutes occupées, une bonne partie des personnes attendent debout. Les tous premiers, qui ont passé la nuit  dehors atteignent les guichets.
Les autres attendront plusieurs heures. S'il a plu, l'attente se fera dans les vêtements mouillés et les éternuements.
Un poste de télévision diffuse sans interruption des dessins animés américains inaudibles, et fatigants. Culture et langue française sont loin, intégration et apprentissage ne sont pas au programme.
Quelques personnes tentent d'obtenir des renseignements au guichet, ils y sont vertement éconduits, et devrons attendre leur tour, pas le moindre renseignement ne sera délivré. Certaines réponses, si elles avaient été données, auraient éviter des heures d'attente pour rien.
Verrons-nous un jour la fin des refus guichets ?
Au gré de l'humeur des fonctionnaires liée aux contrariétés rencontrés dans les cas précédents, ou à de multiples autres facteurs, il arrive à des étrangers de se voir éconduire sans motif au guichet, sans que leur demande ne soit même enregistrée. Toute insistance est malvenue, car en cas de manifestation d'humeur le service d'ordre n'est jamais loin et l'arrestation possible.  La personne ainsi éconduite a non seulement perdu des heures, mais risque d'être mis en défaut dans les procédures à venir, car la Préfecture affirmera qu'elle ne s'est jamais présenté.
Le refus guichet est illégal, quelques fois pratiqué mais jamais reconnu par la Préfecture.
L'arrestation en Préfecture ou la convocation piège sont-elles encore pratiquées?
La préfecture de Bobigny a déja profité que des personnes avaient été convoquées en Préfecture, ou s'y étaient rendues par elles-mêmes, pour procéder à leur arrestation, puis à leur placement en centre de rétention, en vue d'expulsion.
Cette pratique déloyale a été souvent dénoncée, mais la Préfecture a fait plusieurs fois appel des décisions judiciaires condamnant cette pratique. Un tout dernier arrêt du 6 février 2007 de la première chambre civile de la cour de cassation donne définitivement tord à la Préfecture. Nous espérons que l'état en prendra bonne note, et que les arrestations en Préfecture des personnes qui tentent de se faire régulariser, ne sera plus qu'un mauvais souvenir.
Ecoutez la Chronique d'Olivier Duhamel dans l'émission les matins de France Culture du 22 Février 2007.
Cliquez ci-contre:
Cliquez ici pour écouter.   

(avec l'aimable autorisation de l'auteur Olivier DUHAMEL)

Octobre 2007, de nouveau une arrestation en Préfecture, à Marseille:

SEDAT TASTAN, jeune kurde de 20 ans arrivé en 2002 sur lequel la Préfecture des Bouches du Rhône s'acharne depuis plusieurs mois, a retrouvé ce samedi la liberté suite au verdict de la cour d'appel d'Aix en Provence qui a décidé d'infirmer la décision du Juge des Libertés et la Détention (JLD) de Marseille prise la veille.
Sedat, qui a passé trois jours au centre de rétention de Marseille, avait été interpellé au guichet de la préfecture des Bouches du Rhône mercredi 24 octobre alors qu'il venait déposer une demande de titre de séjour. Trois militants du RESF ainsi que sa compagne (française) qui l'accompagnaient avaient également été arrêtés et placés en garde à vue pour s'être opposés à son interpellation.

Que penser d'une administration qui au lieu d'appliquer la loi, fait encore une tentative
d'arrestation illégale au guichet ?


Au lendemain d'une visite en Préfecture, l'étranger est épuisé, démoralisé et souvent malade.
S’il a plu, bien peu échappent au refroidissement; ils sont  nombreux à devoir s'arrêter de travailler pour se soigner, sans bien sûr ne toucher aucune indemnité.

Nous nous interrogeons de savoir si un tel accueil vise sciament à décourager les candidats, par le mépris qui y ressentent ou s'il est uniquement le fait de la négligence de l'administration.
Il ferait certainement naître l'émeute s'il était réservé aux citoyens francais se rendant en Préfecture.

Décembre 2008: Malgré les promesses faites par la Préfecture de couvrir la file d'attente, et meme d'installer des chauffages extérieurs, rien n'a été fait. La Préfecture dit ne pas trouver d'entreprise pour répondre à son appel d'offre.

Les couvreurs, maçons et autres soudeurs de ses entreprises sont-ils en arrêt maladie après avoir fait la queue à la Préfecture ?

Blessures et  rancœur
Le ministère est-il conscient des dégâts psychologiques qu’il cause aux enfants contraints de vivre dans la peur, et à ceux dont il éloigne l’un des parents ou les deux parents.
Les enfants de France, vivent maintenant dans la crainte de se voir privé du jour au lendemain d'un camarade, ou de voir un copain privé de son père ou de sa mère.
Doit-on vraiment vivre cela dans les écoles de France, en 2007 ?
L’état Français dispose t-il des structures nécessaires pour accueillir et élever les enfants dont les parents sont reconduits à l’étranger ; le ressentiment et la défiance de ces enfants, et de tous leurs camarades de classe, vis-à-vis des autorités a-t-il été pris en compte, pour l’avenir de la paix sociale?

Image de la France
La France était un pays de référence pour beaucoup de personnes dans le monde.
Par les expulsés, le monde entier apprend le sort actuel réservé à ceux qui ont tenté de fuir des conditions de vie trop pénibles pour gagner la France.
La France se résigne-t-elle à ne plus faire exception parmi les pays du monde ?

Bon sens
Beaucoup de sans-papiers pallient au manque de main d'œuvre de certains secteurs économiques.
La mise en place de critères de l’ « émigration choisie », va-t-elle concerner la population de travailleurs sans-papiers déjà établie en France, ou bien est elle réservée à ceux qui n’ont pas encore quitté leur pays, et souhaitent rejoindre la France sans y posséder ni logement ni famille.
Pour l'instant les demandes ne peuvent provenir que de l'étranger. Il faudrait donc abandonner son travail et son logement en France, revenir dans un pays ou l'on ne possède plus rien, et que les enfants ne connaissent pas, faire sa demande au Consulat de France et attendre la réponse en suçant des cailloux, pendant que l'employeur, en France, refuse les commandes faute de personnel adéquat.
Les promesses d’embauches de sans- papiers par un employeurs français, qui ont été remises aux Préfectures, seront-elles un jour considérées ?

Certains pays ont des liens historiques très forts avec le France, leurs ressortissants avaient l'habitude de venir y travailler quelques années afin de gagner de quoi s'établir dans leur pays d'origine. Ces voies de circulations sont maintenant coupées, tout étranger qui parvient à atteindre la France est condamné à y rester. Il sait que, s'il en sort, il ne pourra plus jamais y retourner. Les années de clandestinité coupent le lien avec le pays d'origine, 
La clandestinité conduit ces gens à rester bien plus longtemps que prévu sur le territoire.

La vie de clandestin coûte cher; sans fiche de paye à présenter les gens sont à la merci des marchands de sommeil et autres propriétaires indélicats, qui propèrent en proposant des logements, souvent insalubres, contre des loyers exhorbitants.
En cas d'arrestation, toutes les économies du ménage disparaissent dans les frais de justice.
La clandestinité coute cher aussi, au trésor public. Bon nombre de patrons, mis dans l'impossibilité de déclarer leurs employés sans-papiers, doivent dégager des revenus, hors facture, pour pouvoir les payer. L'état perd ainsi non seulement les charges sociales, mais aussi la tva. Le travail au noir s'étend dans tous les secteurs qui manquent de main d'oeuvre. 


  • Trouver un logement, sans avoir ni caution, ni fiche de paye, ni aide au logement
  • Trouver un travail sans pouvoir être déclaré et en faisant courrir des risques à l'employeur,
  •  Elever sa famille sans aide ni allocation familiale
ne pourraient-il pas être, un jour,  considéré comme une capacité d'intégration hors du commun ?

Le bon sens guidera-t-il un jour les décisions administratives ?

Le tour des Français ?
Nous rencontrons de plus en plus de Français touchés directement par les mesures gouvernementales. Le mariage avec un(e) sans papier est encore possible, mais il est arrivé que comme par hazard les futurs époux soient attendus par la Police de l'air et des Frontières en sortant de la Mairie (Montpelier 2 Octobre 2007), à Lyon un homme a été expulsé le jour de son mariage le 24 Novembre 2007. Le mariage n'a pu avoir lieu, sa fiancée Française est poursuivie pour aide au séjour irrégulier.
A Aubervilliers nous connaisssons deux françaises épouses de sans-papiers, dont les époux, sur les conseils de la Préfecture sont retournés dans le pays d'origine pour demander un visa de séjour pour revenir légalement. Une fois sur place ils se sont heurtés à l'administration consulaire locale qui a refusé la délivrance du visa promis. Un des deux maris l'a obtenu après des mois d'attente, et des allers et retours multiples de sa femme, aidée d'un avocat spécialisé, l'autre est toujours bloqué à l'étranger.
Il a été répondu à sa femme qu'elle aurait mieux fait de prendre un mari français.
A la rentrée 2007, une famille française est venue nous annoncer qu'ils étaient rentrés de vacances au Brésil sans leur fille adoptive, toujours élevée en France et dont le titre de circulation avait été retiré arbitrairement pour l'obliger à faire une demande de visa qui n'aboutissait pas depuis des semaines.
Nous n'avons plus de nouvelles.
 
Le 21 Novembre 2007, une française de retour d'un voyage à l'étranger, a été soupconnée d'être une étrangère cherchant à entrer clandestinement en France.
Alors que toutes les preuves étaient apportées, la police, emportée dans un délire kafkaien, n'a rien voulu savoir, elle a été placée en rétention à l'hotel Ibis dans l'attente de l'expulsion.
Elle a été retenue 11 heures, avant d'être relachée à regret.
La vidéo donne froid dans le dos, elle a été visible sur Dailly Motion, et est maintenant retirée.
La raison nous reste inconnue.
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