Auber sans la Peur
Nouvelles
de 2007





COMITÉ DE VIGILANCE D'AUBERVILLIERS
CONTRE LES EXPULSIONS DES FAMILLES ET ÉLÈVES SANS-PAPIERS
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04/01/2007
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Première réunion de l'année:
Nous souhaitons une bonne année à tous, et espérons en finir avec la peur en 2007.

Une famille, inconnue jusqu'alors, vient nous prévenir qu'un père de famille a été gardé à vue dans des conditions très pénibles, au dépôt de Paris-cité. Le papa terrorisé a été libéré après qu'on lui ait présenté un papier à signer. Epuisé il a signé sans comprendre de quoi il s'agissait. La famille n'a pas cru bon de se faire lire ce papier par une personne compétente, avant de nous le présenter. Nous découvrons qu'il s'agit d'un Arrêté de Reconduite à la Frontière, et que le délai de recours, de 48 heures est dépassé.
Le cas est d'autant plus désolant que le papa, s'il avait été présenté devant un juge, avait des chances d'être régularisé. La Préfecture peut maintenant décider de détruire la famille, d'un moment à l'autre, sans qu'aucun recours juridique ne soit plus possible.

Des personnes nous informent qu'un autre papa, M. Hu, est en garde à vue, dans les Hauts de Seine. Nous connaissons M. Hu car nous avons fait avec lui, un recours gracieux, puis une requête en annulation d'arreté de reconduite à la Frontière, auprès du Tribunal Administratif. Dans l'attente du jugement M. Hu est légalement protégé. 
06/01/2007
Nous faisons parvenir, au commissariat dans lequel est détenu M.Hu, toutes les preuves nécessaires à sa libération immédiate, c'est à dire l'accusé de réception du Tribunal Administratif, prouvant qu'il est en attente du jugement.
M. Hu est libéré après 24 heures de garde à vue, mais il lui a été remis une "Mise en Demeure de Quitter le Territoire sous un mois", signée par le sous-préfet des hauts de Seine, en contradiction flagrante avec la protection dont il bénéficie dans l'attente du jugement. Nous aidons M Hu à faire appel de cette décision administrative, qui nous semble improvisée par la Préfecture des Hauts de Seine.
Nous sommes très curieux de connaître l'avis du juge sur cette initiative de la Préfecture des Hauts de Seine. M Hu retrouve sa femme et ses enfants, la peur demeure.
11/01/2007 Le Réseau Education sans Frontières vient d'être contacté par un élève d' Aubervilliers qui annonce bien tardivement que sa mère est en rétention depuis le 7 Janvier.

Le lycéen, qui ne sait comment faire face à la situation, a omis de prévenir son lycée.

 Sa mère a été arrêtée lors d'un contrôle des forces de l'ordre sur la voie publique. Elle est depuis en centre de rétention à Paris (Cité) et doit être expulsée vers la Chine, son pays d'origine d'un moment à l'autre, son APRF a été maintenue. Mme Wang vit sur le territoire français depuis 1999. Elle est arrivée de Chine avec son mari cette année là afin de rejoindre l'oncle de Mr Wang, qui travaille en France depuis de nombreuses années et possède un restaurant en banlieue parisienne. Leurs deux enfants les ont rejoint en décembre 2001. Depuis, ils suivent une scolarité régulière en France. Pei Lei, leur plus jeune garçon, est inscrit au lycée JP Timbaud à Aubervilliers, où il prépare un BEP de comptabilité. Depuis 8 ans, c'est en France que Mme Wang vit, élève ses enfants et a construit de nombreux liens. De plus, l'expulsion vers la Chine de cette mère de famille placerait ses enfants dans une situation encore plus précaire que celle qu'ils vivent actuellement. Comment imaginer poursuivre une scolarité dans de bonnes conditions lorsque votre mère a été expulsée du pays dans lequel vous tentez de vous intégrer?
    
16/01/2007 Les lycéens du lycée J.-P Timbaud à Aubervilliers manifestent pour obtenir la libération de la mère, sans papiers d'un camarade de classe
Aujourd'hui, une centaine d'élèves et d'enseignants du lycée professionnel Jean-Pierre Timbaud à Aubervilliers (93) ont manifesté et se sont rassemblés sur le parvis de la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Ils demandaient la libération de la mère d'un de leur camarade de classe, Mme Wang actuellement en rétention au dépôt du TGI de Paris (Cité).  Voir plus haut ............./...........
Par cette action, la communauté éducative mobilisée – professeurs et élèves - faisait acte de solidarité en refusant de poursuivre les cours alors que la mère d'un des élèves était menacée d'expulsion.
Malgré la mobilisation et la demande d'audience, les représentants de la préfecture ont refusé tout rendez-vous.
Pour autant, les enseignants et élèves mobilisés ne désarment pas et ont prévu de revenir dès le lendemain matin, mercredi, afin être reçu cette fois.
18/01/2007
Communiqué du 18/07/2007
Troisième jour de mobilisation du lycée Jean-Pierre Timbaud à Aubervilliers pour la libération de Mme Wang, toujours en centre de rétention.

Hier encore, une centaine de lycéens et d'enseignants s'étaient rassemblés sur le parvis de la préfecture de la Seine-Saint-Denis pour exiger la libération de Mme Wang, mère d'un jeune lycéen du lycée Jean-Pierre Timbaud en 2nd BEP. Ils demandaient aussi à être reçus, ils ont obtenu une audience auprès de Mme Magne, directrice du service des étrangers de la Préfecture de Seine-Saint-Denis et Mme Brisset, responsable du Bureau des Examens Spécialisés.
La délégation, composée de deux élèves, une enseignante et une élue, a exigé, au nom des élèves et enseignants mobilisés, la libération de Mme Wang, elle a aussi exposé la situation de la famille Wang dans son ensemble. Les membres de la délégation ont abordé également la question des jeunes majeurs scolarisés sans papiers, nombreux sur le lycée (une vingtaine de situations connues), et ont déposé une liste d'élèves ayant déjà un dossier en Préfecture.
Mme Magne, après avoir rappelé le droit, a assuré qu'elle transmettait immédiatement au Préfet de la Seine-Saint-Denis, la demande de libération de Mme Wang.
Aujourd'hui, les lycéens se sont à nouveaux mobilisés, ils ont ce matin manifesté dans les rues d'Aubervilliers, et sont allés rencontrer les lycéens des trois autres lycées de la ville (D'Alembert, Wallon et le Corbusier). Ces derniers ont rejoint les élèves du lycée Jean-Pierre Timbaud pour former un cortège d'au moins 250 élèves.

En début d'après-midi, une manifestation s'est à nouveau formée et s'est dirigée vers la Préfecture de Bobigny pour, de nouveau, exiger du Préfet la libération de Mme Wang.
Les lycéens ont une fois encore demandé une audience qu'ils n'ont pas obtenue.


Les élèves du lycée Jean-Pierre Timbaud ont décidé de rester vigilants et se réunissent demain vendredi en assemblée générale pour décider de la suite à donner à leur action.
18/01/2007 Réunion du Comité
Nous apprenons qu'un père de famille d'Aubervilliers, Monsieur M.... Sénégalais, en a été mis en garde à vue à la suite d'un contrôle d'identité. Sa femme sans nouvelles de lui pendant plusieurs heures, a contacté le comité dès que la police l'a informée de l'endroit ou se trouvait son mari.
Les parents ont trois enfants dont deux sont scolarisés à Aubervilliers, à "Jules Guesdes" et à "Paul Bert",  les petits sont pris en charge par la famille.
Des familles nous font part des convocations qu'elles recoivent de la part du Tribunal administratif suite à leur requête en annulation de l'arrété de reconduite à la Frontière.
Nous sommes très étonnés que le Président du Tribunal ait décidé de les convoquer si vite, alors que le Tribunal Administratif semblait crouler sous le nombre de requêtes, et que nous connaissons d'autres dossiers en attente d'audience depuis des années.
Nous cherchons à découvrir ce qui distingue ces dossiers des autres en attente, et les raisons qui ont poussé le Tribunal à les faire passer avant les autres.
19/01/2007 A l'issue de sa garde à vue, d'une durée record de 48 heures M. M...  a été mis en rétention et doit passer devant le juge des libertés et de la détention. M. M.... a pourtant fait une requête en annulation d'un arrêté de reconduite à la Frontière, et est en attente de jugement au Tribunal Administratif; nous sommes étonnés que M M.. est pu être placé en rétention alors qu'il attendait déjà son jugement, et que la préfecture en était informée.
La mairie d'Aubervilliers s'est mobilisé. Liliane Balu, conseillère municipale a été présente toute la journée de samedi jusqu'à 19h00 au centre de rétention puis au tribunal avec Francis pour obtenir la libération de Monsieur M ... . Nous remercions la Mairie et tout particulièrement Liliane Ballu qui est intervenue en Audience à la demande du juge.
 Le juge a finalement décidé d'assigner à résidence M. M... , et de le laisser retrouver ses enfants.
Un autre papa d'Aubervilliers, que nous ne connaissions pas, rencontré samedi par Liliane et Francis au tribunal, a pu lui aussi sortir de rétention ... mais les 9 autres personnes en audience et venant d'autres villes ont été maintenues en rétention.
La situation de la famille M... reste donc fragile mais le papa ne sera pas immédiatement expulsé et ne reste pas en rétention.
23/01/2007
Sous Préfecture de Saint Denis

AUDIENCE à la Sous-Préfecture de SAINT DENIS, accompagnés de Monsieur le Maire d'Aubervilliers.

Nous nous sommes rendus en cortège de la Mairie d'Aubervilliers, jusqu'à la Sous-préfecture de Saint Denis.
Depuis décembre le Maire d'Aubervilliers, Pascal BEAUDET, avait demandé une audience au Préfet pour lui faire part des situations dramatiques qu'affrontent les familles d'Aubervilliers déboutées de la circulaire Sarkozy.
Une délégation de huit personnes a été reçue, avec Monsieur le Maire, par le  Monsieur le Sous-préfet Olivier DUBAUT, assisté de Madame Descamp.
Monsieur le Maire a fait part de l'incompréhension des familles et des soutiens face aux refus massifs enregistrés par les familles remplissant tous les critères de la circulaire, ainsi que face aux lettres de refus type reçus par tous, qui ne peuvent que laisser croire que les cas n'ont pas été examinés.
Monsieur le sous-préfet nous a confirmé que la circulaire du 13 juin était maintenant révolue et que la loi qui avait court était désormais la loi Ceseda.
Il a souligné, que bien que cette loi ne laisse que peu d'espoir aux familles, le Préfet avait le pouvoir d'aller contre la loi, en régularisant certaines familles.
Les membres du comité ont insisté sur le mépris ressenti par les familles, en particulier par le fait qu'aucun des 300 recours gracieux au Préfet, que nous avons rédigés suite aux refus de séjour n'ait reçu de réponse de la part de la Préfecture, si ce n'est l'envoi en masse d'Arrêtés de Reconduite à la Frontière.
Pour les personnes, non victimes d’ Arrêtes de Reconduite à la Frontière, Monsieur le Sous-préfet a précisé que l’absence de réponse au recours gracieux devait être considérée comme un refus implicite et que les familles étaient en droit de saisir le Tribunal Administratif, si elles contestaient ce refus.

Face aux doutes du comité, le Sous-préfet a assuré que chaque dossier avait été examiné, et que les refus étaient motivés. Il a souligné, à titre d’exemple de motif du refus, le fait qu'une famille dont un des membres de la cellule familiale était encore à l'étranger, ne pouvait prétendre à la régularisation. Nous avons répondu que cette situation revêtait un caractère exceptionnel parmi les familles d'Aubervilliers.
Le sous-Préfet nous a affirmé que le tirage au sort n'était pas la méthode de sélection utilisée.
Monsieur le Maire a demandé si la Préfecture comptait venir chercher les enfants dans les écoles, Monsieur le Sous Préfet a dit que cela ne serait pas fait.
Le comité a rappelé les événements qui ont profondément marqués les enseignants et les écoliers de la ville, lorsque la Police est intervenue dans une école pour y capturer un travailleur clandestin qui était tombé d'un toit en tentant de fuir, ainsi que les tentatives répétés des policiers de localiser dans les écoles du secteur, l'enfant d'une mère en rétention (voir Historique de fin septembre 2006)
La directrice de l'école maternelle « Francine FROMOND » a fait part des réactions paniquées de certains des enfants à l'approche d'une sirène de Police.

 Nous avons soumis à Monsieur le sous-Préfet le cas des familles dont les membres sont de nationalités différentes, conjoints ou enfants et en particulier le cas des enfants Portugais de parents africains. Pour ces familles l’unité familiale ne peut exister qu’en France.
Le sous-Préfet semblait découvrir que de telles situations pouvaient exister, il n’a pu nous répondre sur le sort des enfants européens.

Le sort des familles dont certains membres sont régularisés (les enfants majeurs par exemple), et dont les autres reçoivent des Arrêtés de Reconduite a été évoqué, tout comme celui des parents isolés, sans obtenir davantage de réponse précise.

Monsieur le Maire a évoqué la lettre de soutien qu’il a écrite au Préfet en faveur de 8 familles particulièrement intégrées à la vie locale. Il s’est étonné que la réponse ait été négative pour tous les cas, sans qu’aucune explication ne soit fournie dans la réponse de Monsieur le Préfet.
Nous avons aussi abordé le thème de l’immigration choisie et avons demandé si les critères s’appliqueraient aux travailleurs vivant déjà en France, et y étant déjà intégrés.

Le sous-Préfet nous a répondu que l’immigration choisie ne concernait que les personnes étrangères résidant à l’étranger et que pour en bénéficier il fallait retourner à l’étranger et faire de là une demande d’embauche, qui permettrait éventuellement de revenir.
Nous constatons l’aberration qui consiste à obliger les gens à abandonner travail et logement, et à retirer leurs enfants de l’école, pour avoir ensuite, dans le cas ou ils seraient autorisés à revenir, à devoir repartir de zéro, pour le plus grand préjudice de leurs enfants.
Le gouvernement semble préférer faire venir en France des étrangers qui n’y ont ni logement, ni attaches plutôt que de tirer profit du fait  qu’il dispose ici de personnes déjà installés, qui pallient déjà au manque de main d’œuvre de nombreux secteurs.
Le sous-Préfet a cependant affirmé qu’une promesse d’embauche pouvait être un atout pour la régularisation, et qu’il fallait la joindre au dossier.

Monsieur le sous-Préfet nous a assuré que nos questions seraient transmises et que des réponses suivraient sur les points restés en suspens.
     
25/01/2007 Mme Wang, la mère d'élève en centre de rétention depuis 15 jours et pour laquelle enseignants et lycéens du Lycée Professionnel  J.P Timbaud à Aubervilliers s'étaient largement mobilisés (Trois manisfestations devant la préfecture de Bobigny + audience etc.) a été libérée ce matin.
Le comité remercie tous ceux qui ont participé à la mobilisation d'une manière ou d'une autre, et en particuliers, les élèves et enseignants et le réseau Education sans Frontières.
01/02/2007
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Réunion du comité, nous nous accordons sur le déroulement des 3 jours d'audience de la semaine prochaine. Les familles convoquées au Tribunal sont très attentives, il s'agit de 44 parents convoqués (21 couples et 2 parents isolés). 
La veille des rumeurs de raffles massives dans le 93 ont inquiété beaucoup de monde, quelques un n'ont pas dormi,  d'autres ne sont pas allés travailler.
Certains évoquent une raffle à République qui visaient les personnes qui se rendaient aux restaurants du coeur. Nous constatons qu'un nouveau pas à été franchi dans les methodes utilisées.
Comme il faut bien vivre, les gens reprendrons rapidement leurs déplacements, avec toujours le pincement au coeur à la vue d'un policier.
 Nous apprenons, par le Réseau Education sans Frontières RESF93, qu'un élève jeune majeur du lycée Jean-Pierre Timbaud à Aubervilliers, a été arrété à Bondy, et va être conduit au centre de rétention à l'issue de sa garde à vue. 
02/02/2007 Nous apprenons par RESF93 l'issue heureuse et inattendue de la mise en rétention du lycéen
Communiqué de presse de RESF 93 du 02/02/2007:
"Bobigny, le 2er février 2007
Yannick Libéré !
RESF 93 et la famille de ce jeune majeur scolarisé ont rencontré Sarkosy par hasard et se félicitent d'avoir obtenu la libération de Yannick. Dommage que ce soit le fait du prince !
Yannick Bosey, jeune majeur scolarisé au lycée Jean-Pierre Timbaud à Aubervilliers, était en centre de rétention depuis jeudi soir. Il avait été arrêté lors d'un contrôle sur la voie publique à Bondy mercredi soir.
Il est en France, depuis octobre 2000. Il avait 13 ans et quelques mois à son arrivée, ces quelques mois l'empêchent de rentrer dans les dispositions du CESEDA. A 13 ans moins un jour, il aurait pu être régularisé automatiquement. Il a de plus toutes ses attaches ici. Sa mère est en situation régulière et son père, également. Plusieurs oncles et tantes vivent en France.
Yannick a déjà tenté de régulariser sa situation et a déjà déposé une demande de titre de séjour “Vie privée et familiale”. Cette demande a été rejetée en mars 2006 par la préfecture de la Seine Saint Denis. Il a envoyé un recours gracieux au préfet, qui est resté sans réponse. Il allait contester ce refus auprès du tribunal administratif, avant d'être arrêté.
Maintenu en centre de rétention, il devait être expulsé, une place sur un avion était d'ores et déjà prévue. Comme pour de trop nombreux étrangers vivant dans le 93 la préfecture restait sourde au drame humain de cette expulsion programmée.
Le hasard a mis Nicolas Sarkosy, un pool de journalistes et une campagne électorale sur la route de Yannick. En effet, des militants de RESF 93 accompagnaient cet après-midi la famille de Yannick venue le visiter au centre de rétention de Bobigny alors que le ministre de l'intérieur faisait dans le commissariat attenant une conférence de presse. Interpellé devant les journalistes par la mère de Yannick puis par les militants de RESF, Mr Sarkosy a usé de son pouvoir pour résoudre cette situation dramatique.
Yannick ce soir est libre, sa convocation au tribunal est annulée et il a un rendez-vous lundi en préfecture en vue d'une très probable régularisation.
Nous nous réjouissons que les autorités préfectorales aient enfin pris en compte les éléments qui renforçaient l'injustice de cette expulsion.
Mais nous pensons à tous les autres sans papiers qui n'ont pas bénéficié de l'opportunité de cette rencontre. Ils sont des milliers à se voir refuser par les préfectures le droit de rester vivre là où ils ont construit leurs vies. Eux n'ont pas bénéficié du fait du prince.
N. Sarkozy a été clair lors de ce court échange avec les militants de RESF : il acceptait d'intervenir pour un cas, mais ne débattrait pas de la situation d'autres sans papiers en centres de rétention, et des jeunes majeurs scolarisés exactement dans la même situation. Pourtant RESF réaffirme qu'il n'y aura pas de politique juste dans un règlement au cas par cas de la situation des sans-papiers.
RESF 93"
Le comité se félicite de cette libération et de voir que le Ministre s'émeuve enfin des décisions cruelles de la Préfecture.
Quel dommage que les deux lycéennes d'Aubervilliers, déjà expulsées, n'aient pu bénéficier de sa soudaine clémence.
Est-il normal en République Française, en 2007, que, seul le hasard d'une rencontre, puisse faire échapper un sans papier à l'arbitraire administratif ?
6, 7 et 8
Février 07
23 familles d’Aubervilliers sont passées devant le Tribunal Administratif de Cergy !
 Rappel des faits:   
La Préfecture de Bobigny a envoyé des Arrêtés de Reconduite à la frontière à la plupart des parents d'enfants scolarisés, qui s'étaient présentés en toute bonne foi, à la Préfecture au mois d'août, dans l'espoir d'être régularisés.
Bien que grand nombre de familles remplissent tous les critères énoncés dans la circulaire Sarkozy seulement 35 parents ont été régularisés et environ 300 ont reçu un refus de séjour suivi, pour beaucoup, d'un Arrêté de Reconduite à la Frontière.
Désespérés , d'être arrachés à leur vie en France, ou ils se sont intégrés possèdent logement et travail, et qui est le pays de leurs enfants, ils ont fait appel au Comité pour faire parvenir, dans le très court délai d'une semaine qu'autorise la loi, une Requête en Annulation de l'Arrêté de Reconduite à la Frontière auprès du Tribunal Administratif.
Le juge du tribunal Administratif doit statuer sur la légalité des Arrêtés pris par la Préfecture.
Si le juge le décide un papa, une maman, ou les deux parents pourront etre reconduits à la frontière.
Les parents devront décider de laisser ou non leurs enfants et conjoints seuls en France.

La volonté de la Préfecture est de renvoyer les familles au complet, mais elle n'hésite pas à éloigner des parents seuls, si elle ne parvient pas à localiser le reste de la famille

44 parents convoqués (21 couples et 2 parents isolés)  
Des enfants de ces familles sont scolarisés dans 11 écoles de la ville d' Aubervilliers.
A l'appel du comité, des parents d'élèves, des enseignants et de nombreux citoyens d'Aubervilliers sont venus exprimer leur soutien aux familles sur la place de la Mairie à l'occasion des départs vers le Tribunal.
La Mairie a mis à la disposition des familles et des soutiens un autocar pour se rendre au Tribunal, pendant les 3 jours.
Les audiences ont eu lieu en présence des soutiens, dont nombre de lycéens qui avaient tenus à accompagner les familles. La plupart des avocats étaient commis d'office, nous avons pu leur remettre toutes les pièces des dossiers des familles que nous suivons.

Le Comité tiend à remercier les jeunes traducteurs bénévoles d' Aubervilliers, qui ont aidés les avocats à prendre connaissance de la situation des familles, et qui ont permis d'éviter tout mal entendu entre les avocats et les familles.
Toutes les décisions ont été mises en délibéré, nous les attendons dans les semaines qui suivent.
15 Février 07
Réunion Hebdomadaire du Comité.
Les rafles de police se multiplient à Paris et dans le 93, beaucoup des familles nous en parlent.
La ville d' Aubervilliers n'est pas épargnée.
Dans l'après midi, nous avons appris l'arrestation d'un père de famille pakistanais, que nous connaissons bien, et que nous avons aidé à faire les recours suite à son refus de séjour.
M. C remplit tous les critères imposés par la circulaire Sarkozy, et même au delà.
Arrivé en France en 2000, ses 3 enfants sont nés en France. Les deux ainées sont scolarisés à l'école maternelle Jean Jacques ROUSSEAU et à l'école primaire Eugène VARLIN .
A l'issue de la garde à vue, Monsieur C... a été placé au centre de détention de Vincennes, un Arrêté de Reconduite à la frontière lui a été notifié. Il passe samedi 17 février devant le juge de la liberté et de la détention, qui doit juger s'il présente assez de garanties pour être assigné à résidence chez lui, plutôt que maintenu en détention, jusqu'à son tout prochain passage devant le tribunal administratif.

M. C a déposé une requête en annulation de l'arrêté de reconduite à la frontière, il doit passer très prochainement devant le tribunal administratif de Paris.

Des membres du comité et des soutiens seront présents demain matin au Palais de justice de Paris.
Madame C et les enfants sont livrés à eux-mêmes, la solidarité s'organise de la part des voisins et amis de la famille.
Nous avons aussi appris qu'un refus de séjour avait été signifié à une lycéenne, qui est arrivée en France quelques mois après son treizième anniversaire. Arrivée avant treize ans, elle aurait pu avoir un titre de séjour. Aujourd'hui, malgré une pétition de 1000 signatures communiquée à la Préfecture, l'administration l'invite à quitter le territoire sous un mois, alors que toute sa vie est ici. Elle vit maintenant dans la peur d'être un jour arrachée à sa famille, pour être envoyée dans un pays qu'elle ne connait plus.

17 Février 2007 Audience devant le Juge des libertés et de la détention.
M. Chaudhry, bien que présentant toutes les garanties de représentation qui lui aurait permis d'être assigné à résidence chez lui, dans l'attente de la convocation au Tribunal Administratif, a été maintenu en détention à Vincennes, car il n'a pu fournir le passeport en temps utile, alors que nous croyons tous qu'il était déja remis à la police.
Plusieurs membres du comité, et des amis de la famille étaient présents à l'audience.
Nous sommes très décus.
La famille est désemparée et les enfants réclament leur père.
M. C est déja éprouvé par la détention, il craint beaucoup être reconduit au Pakistan.

17 Février 2007
APPEL AUX SOUTIENS
M. Chaudhry , père de famille d' Aubervilliers, en rétention depuis le 15 février, passe au Tribunal Administratif de PARIS.
Le juge doit décider de la légalité de l'Arreté de reconduite à la Frontière pris par la Préfecture.
Si le juge le confirme, M. Chaudhry sera reconduit au Pakistan, et devra abandonner sa femme et ses trois enfants à Aubervilliers.
Nous connaissons bien M Chaudhry à Aubervilliers, nous suivons son dossier, et l'avons aidé à faire son recours suite à l'inexplicable refus de séjour reçu, dans le cadre de la circulaire Sarkozy.
M. Chaudhry, remplissait tous les critères exigés. Il parle et comprend le francais.
Il est arrivé légalement en 2000 avec un contrat de travail. Les trois enfants sont tous nés en France.
Les deux ainées sont scolarisés l'une à l'école maternelle Jean Jacques ROUSSEAU et l'autre à l'école primaire Eugène VARLIN, en CP. Elle sait déjà lire et est avide de lecture.
Les enfants ne connaissent pas d'autre pays que la France.
M. Chaudhry craint beaucoup de tomber entre les mains des autorités pakistannaises.
En cas de retour forcé du soutien de famille, Madame Chaudrhy et les trois enfants seront réduits à la misère à Aubervilliers.
L'émotion est grande parmi les amis de la famille et les membres du comité.

Le Comité de Vigilance d'Aubervilliers appelle tous les soutiens, enseignants, parents d'élèves, élus et citoyens à venir soutenir la famille Chaudhry Mercredi 21 Février 2007 à 9 heures.
TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS
7 rue de Jouy 75004 PARIS
75181 Paris Cedex 04
 Accès par transports publics  
 Métro    Saint-Paul (Le Marais) [ligne 1]    ou  Pont Marie (Cite des Arts) [ligne7]   
18 Février 2007 GRANDE NOUVELLE
M Chaudhry est libre.
Le juge a annulé l'arrêté de reconduite à la frontière pris par le Préfet de Paris.

Les membres du Comité de Vigilance, rejoints par RESF75 ont assisté à l'audience du 21 février 2007, au tribunal administratif de Paris. Des voisins et amis français de la famille étaient là aussi.

Grâce au travail acharné de son avocate, et malgré l'opposition systématique de l'avocat de la Préfecture, le juge a décidé d' annuler l'arrêté de reconduite à la frontière, qui aurait conduit M Chaudhry à devoir abandonner sa femme à Aubervilliers avec leurs 3 enfants nés en France.
M. Chaudhry craignait beaucoup de tomber entre les mains des autorités pakistanaises.
Il aurait très probablement connu la prison pour de nombreuses années, et n'aurait pas pu voir grandir ses enfants.
M. Chaudhry se trouve maintenant avec ses enfants à Aubervilliers.
Il vous adresse à tous ses plus profonds remerciements.

M Chaudhry n'est pas pour autant régularisé, la Préfecture peut faire appel.
Le juge n'a pas le pouvoir d'ordonner sa régularisation, il peut simplement demander à la Préfecture de réexaminer la situation.


Les enfants de M. Chaudhry garderont longtemps le souvenir de leurs vacances de Février 2007, nous comptons sur les maitresses pour les apaiser.

Seule la Préfecture peut autoriser la famille Chaudhry à vivre à Aubervilliers, sans la peur.
Nous ne désespérons pas de son humanité.

Grand merci à la CIMADE du centre de détention de Vincennes qui a accompagné M. Chaudhry dans ses démarches.
2 mars 2007
retour

8 familles d’Aubervilliers ont été convoquées au Tribunal Administratif à Cergy, suite aux requêtes en annulation des arrêtés de reconduite à la Frontière, que nous avons aidé à rédiger.
15 parents convoqués (7 couples et 1 parent isolé): 10 élèves de 9 écoles d'Aubervilliers
Les membres du comité ont accompagné les familles.
Les avocats commis d'office ont pris connaissance des dossiers, avec l'aide des membres du comité et des traducteurs bénévoles qui nous accompagnaient.
Certains avocats, peu familiers du droit des étrangers, ont eu recours à nous pour en savoir un peu plus.
Notre présence n'a pas été inutile, elle a été appréciée, et pas seulement par les familles. 
9 mars 2007 8 familles d’Aubervilliers ont été convoquées au Tribunal Administratif à Cergy, suite aux requêtes en annulation des arrêtés de reconduite à la Frontière, que nous avons aidé à rédiger.
16 parents convoqués (8 couples): 5 élèves de 4 écoles d' Aubervilliers sont connus par le Comité.
La mairie a mis un car à la disposition des familles et des soutiens qui les ont accompagné.
Certaines familles avaient un avocat, les autres ont dû exposer leur affaire à l'avocat commis d'office.
La traductrice devant assurer en même temps les audiences, elle a dû écourter sa présence auprès des familles.
A la grande surprise des membres du comité le président n'a pas mis en délibéré le jugement de deux familles, il a immédiatement annulé les APRF.
Les autres jugements sont mis en délibéré, mais le président a précisé que cela ne signifiait pas qu'ils seraient négatifs.
Nous avons pu une nouvelle fois constater que notre travail de préparation des dossiers, était apprécié par le Tribunal.

15 mars 2007 Réunion du Comité
Nous apprenons aux familles le décès, survenu brutalement, d'un père chinois que nous avions accompagné avec sa femme, dans leur tentative de régularisation.
Après quelques minutes d'incompréhension, et une fois la nouvelle confirmée en langue chinoise, l'émotion est grande parmi l'assistance.
Deux enfants sont désormais sans père, une petite fille de 4 ans, qui ne comprend pas tout et attend son papa, et un lycéen de 16 ans désorienté.
La maman a beaucoup de mal à surmonter sa douleur, pour faire face à ses nouvelles obligations de chef de famille.
La médiatrice chinoise,  la directrice de l'école maternelle, les enseignants, les parents d'élèves et les camarades de lycée entourent la famille. Deux membres du comité ont assisté à la cérémonie funéraire, nous les remercions pour y être allés en notre nom à tous. 
Privée brutalement du soutien de famille, et toujours sans papiers, la situation est grave pour cette famille d'Aubervilliers.
Des personnes, avec et sans papiers, proposent immédiatement d'organiser une collecte.  
Condoléances et soutien à la famille
Cliquez ici

Nous préparons les audiences du lendemain, et recoltons les toutes dernières pièces à joindre aux dossiers.
16 mars 2007
8 familles d'Aubervilliers passent au Tribunal Administratif de Cergy, suite aux requêtes en annulation des arrêtés de reconduite à la Frontière, que nous avons aidé à rédiger.
16 parents convoqués (8 couples)
13 de leurs enfants sont scolarisés dans 10 écoles d' Aubervilliers, 1 collège à La Courneuve et 1 lycée à Drancy.
Nous sommes partis à midi, un car ayant été mis à disposition des familles et des soutiens par la Mairie d'Aubervilliers, que nous remercions.
Une famille avait choisi d'être assistée par son propre avocat, les autres ont exposé leur cas aux deux avocates commises d'office, avec l'aide des traducteurs bénévoles qui nous accompagnaient.
Nous avons été une nouvelle fois surpris  par la décision du juge de ne pas mettre l'affaire en délibéré à l'issue de l'audience, mais de prononcer sans délai, l'annulation des arrétés de reconduite à la frontière de 3 couples, soit 6 personnes.
Le cas des 5 autres familles a été mis en délibéré, non sans que le président ne souligne que cela ne voulait pas dire que les jugements soient négatifs. La joie des trois familles nous a tous ému.
Nous avons cependant tenu à rappeler les sombres points suivants:
  1. La Préfecture peut faire appel du jugement
  2. Il ne s'agit pas d'une régularisation, mais seulement d'un réexamen de situation.
  3. L'autorisation provisoire de séjour, ne permet pas de travailler.
  4. Elle pourra être retirée par la Préfecture, si la régularisation n'est pas décidée.
En attendant la rédaction des jugements, nous découvrons qu'un très jeune couple maîtrise correctement le Français, les époux sont malheureusement restés tétanisés face au juge.
Nous rentrons fatigués à Aubervilliers, les familles sont très reconnaissantes.
20 Mars 2007
DANGER RUMEUR
Message de Antoine Avignon
"objet : attention rumeur risquée dans toute la Seine-Saint-Denis
Cet après-midi, Liliane Balu accompagnait en préfecture des familles d'Aubervilliers pour la remise des autorisations provisoires de séjour, suite à nos premières victoires au tribunal aministratif. Elle a pu rencontrer plusieurs familles chinoises venant des 4 coins de la Seine-Saint-Denis et qui se sont présentées au service des étrangers pour une nouvelle demande de séjour.  En effet, il semble qu'une rumeur court chez les familles chinoises : "il suffirait de justifier de 5 ans de présence en france pour obtenir aisément un titre de séjour" ... Les familles défilent donc à la préfecture ... C'est grave ... Liliane a interrogé des familles non chinoises présentes aussi cet après-midi en préfecture;ces dernières n'avaient pas eu connaissance de cette information. Les familles chinoises paraissent donc les seules victimes de cette rumeur. Il y a danger - risques d'OQTF.
Il faut rapidement démentir auprès des familles chinoises que nous connaissons ... amicalement ... antoine avignon"
DANGER RUMEUR
Les conséquences pendant les vacances

Les familles qui se sont présentés seront convoquées pendant les grandes vacances, il est à craindre qu'un Arrêté de Reconduite à la Frontière APRF leur soit notifié en main propre, avec 48 heures pour faire une requête en annulation devant le Tribunal Administratif.
Ils pourraient aussi recevoir une obligation à quitter le territoire OQTF par courrier, dont la requête en annulation est bien plus difficile à rédiger et nécessite bien souvent l'intervention d'un avocat.
Pendant les vacances scolaires il ne sera pas possible de mobiliser les soutiens, pour aider à la rédaction des requêtes, et les avocats ne seront pas en nombre suffisant pour faire face.
Il faut faire part aux familles de nos craintes.
L'hypothèse d'une régularisation massive les fascine.
22 Mars 2007 Réunion du comité de Vigilance
La signature au nom du Comité de Vigilance d'Aubervilliers contre l'expulsion des Familles et Elèves sans-papiers des pétitions présentes sur le site, a été approuvée.
Nous invitons chacun à les signer individuellement.
Elles se trouvent ici.
Une nouvelle fois, nous avons mis en garde les familles chinoises, contre la rumeur qui pourrait les pousser à se rendre en Préfecture.  La rumeur cliquez ici
Les familles nous ont demandé des précisions sur les évenements survenus à l'école Rampal, dans le 19 ème dont elles ont eu écho.
La crainte des arrestations à la sortie des écoles renaît.
Nous avons répété les assurances que nous ont données le Préfet en septembre 2006, et le sous-Prefet en Janvier 2007; ainsi que les manifestations spontannées de la population d'Aubervilliers, contre les tentatives d'arrestations dans les écoles de Septembre 2006. Nous espérons tous que les consignes préfectorales perdureront et seront respectées. La crainte demeure. 
Nous appellons les parents d'élèves français ou étrangers régularisés à demeurer très vigilants aux alentours des établissements scolaires.
Nous rappellons le décès de Monsieur W.... père de famille d'Aubervilliers, et la détresse dans laquelle se trouve sa veuve et ses enfants.
Condoléances et soutien à la famille
Cliquez ici
23 Mars 2007
COMMUNIQUÉ de RESF 93 Vendredi 23/03/2007 12:05
Alerte : la tentative d’intimidation et de répression du mouvement citoyen s’aggrave de jour en jour !

La directrice de l’école Rampal (19ème)  près de laquelle la police a organisé une interpellation musclée qui a suscité l’indignation des parents, des passants et des enseignants a été placée en garde à vue ce matin.

-          Resf Paris et les syndicats de l’Education Nationale appellent en ce moment à un rassemblement devant le commissariat du 19 ème, rue Erick Satie (M° Place des Fêtes).

-          Me Irène Terrel a accepté de suivre l’affaire et d’assurer éventuellement la défense de l’enseignante.

A suivre

JMD
Les 23 directeurs d'écoles d'Aubervilliers, à l'occasion d'une réunion en Mairie, ont été très choqués d'apprendre la mise en garde à vue de leur collègue parisienne, ils ont signé à l'unanimité le texte suivant:
Les directeurs des écoles d'Aubervilliers présents ce jour tiennent à manifester leur soutien à leur collègue directrice de l'école maternelle Rampal à Paris 19 ème, appréhendée et mise en garde à vue aujourd'hui, pour s'être opposée à l'arrestation d'un parent d'élève sans papiers interpellé et menotté à la sortie de l'école alors qu'il venait chercher son enfant.
Fait à Aubervilliers, le 23 mars 2007
Ce texte sera communiqué à la Préfecture de Police de Paris.
Des enseignants et des membres du comité se sont rendus devant le commissariat du 19 eme.
La directrice a été remise en liberté vers 16 heures, après 7 heures de garde à vue. Elle serait inculpée d'outrage à agent et obstruction à la force publique.
Ces événements rappellent ceux de fin septembre 2006 à Aubervilliers, et d'autres plus lointains. 
29/03/2007
COMMUNIQUÉ de RESF 93 Jeudi 29/03/2007 13:32
La directrice de l'école du XIXe ne sera pas poursuivie.
PARIS (Reuters) - La directrice d'une école maternelle du XIXe arrondissement de Paris placée en garde à vue le 23 mars après des échauffourées survenues lors de l'arrestation d'un Chinois sans papiers ne sera pas poursuivie.

Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, a annoncé la décision par téléphone jeudi à l'avocat de la directrice, Me William Bourdon. "C'est la décision qu'elle attendait, elle est très soulagée, elle n'a jamais douté qu'on n'avait aucun reproche à lui faire", a dit l'avocat aux journalistes.

La mesure a été rendue publique par le ministère de l'Education, qui a dit qu'il n'engagerait pas non plus de poursuites disciplinaires.

Le placement en garde à vue de Valérie Boukobza avait suscité un tollé à gauche et dans le monde enseignant.

Une manifestation s'était déroulée devant le rectorat de Paris vendredi dernier. Les syndicats enseignants appelaient à une grève générale ce vendredi.

L'arrestation, mardi 20 mars, d'un Chinois en situation irrégulière dans un café situé près de l'école maternelle de la rue Rampal avait provoqué des échauffourées entre un groupe de personnes qui s'y opposaient et la police.

La police avait d'abord souhaité aller arrêter à son domicile Valérie Boukobza, accusée par des policiers d'avoir frappé sur une voiture de police et proféré des injures.

Finalement, le procureur Jean-Claude Marin avait ordonné aux policiers de la convoquer au commissariat.

Répondant à la convocation, Valérie Boukobza avait été placée en garde à vue pendant près de sept heures avant d'être libérée alors que les protestations commençaient et qu'une manifestation se déroulait devant le commissariat.

Durant le week-end, le parquet a fait entendre des voix dissonantes sur l'épisode. Le procureur adjoint Philippe Maitre a justifié la garde à vue lors d'un point de presse.

"Elle a été placée en garde à vue parce que c'est la loi. Il n'y a pas d'équivoque possible. Quand elle doit être confrontée à d'autres personnes et interrogée, c'est juridiquement incontournable et cela lui ouvre le droit à l'accès à un médecin, un avocat, qu'elle a utilisé", avait-il dit.

Le procureur Jean-Claude Marin a ensuite déclaré au Journal du Dimanche qu'il avait autorisé la garde à vue sur demande des policiers en leur demandant de la limiter au strict nécessaire.
Anthony Jahn
31 Mars 2007
retour
Grande manifestation à Paris des organisations de défense des sans-papiers. Le COMITÉ DE VIGILANCE D'AUBERVILLIERS CONTRE LES EXPULSIONS DES FAMILLES ET ÉLÈVES SANS-PAPIERS a appelé à rejoindre la manifestation. 

Paris le 31 Mars 2007

AUBER SANS LA PEUR  Nous avons eu la joie de découvrir une foule massive, malgré la pluie, et bien décidée à faire reculer l'inacceptable. Notre pancarte "Auber sans la Peur" a été très photographiée et beaucoup sont venus s'enquérir de la situation à Aubervilliers. Nous avons marché de chaque coté du canal de l'Ourcq, pour rejoindre Stalingrad. Auber à Paris

Le cortège était composé de très nombreuses associations et comités, accompagnés de nombreux enfants.
Beaucoup de personnes avaient jugé utile d'être là.
C'est ce samedi là, que nous avons reconnu enfin notre "notre identité nationale".
2 Avril 2007 Le père d'un élève du lycée Jean-Pierre Timbaud en rétention
Mr Abdulkakir SAIYED, le père d'un de nos élèves, a été arrêté à Calais dimanche 25 Mars. Il est en centre de rétention à Coquelles depuis et attend d'être jugé. Il risque d'être expulsé dans les prochains jours.
Sa femme et ses 3 fils sont en France depuis 2005. Tous les enfants sont scolarisés, l'aîné Mohammed prépare un BEP maintenance automobile dans notre établissement au lycée Jean Pierre Timbaud à Aubervilliers.
Toute la famille a fui les persécutions religieuses dans le Gujarat en Inde. Elle n'aspire qu'à vivre en sécurité et en paix en France. A plusieurs reprises, leurs vies ont été menacées, leur retour est donc impossible.
Dès leur arrivée en juillet 2005, ils ont fait une demande d'asile auprès de l'OFPRA, qui leur a été refusée. Ils ont fait appel auprès de la Commission des Recours des Réfugiés qui a confirmé le refus.
Mohammed qui a 19 ans et sa mère ont reçu un APRF en décembre dernier.
MR SAIYED est convoqué au Tribunal Administratif de Lille lundi 2 avril à 8h30. Il nous est impossible d'y être. La présence de militants RESF locaux serait souhaitée dans la mesure du possible.
Il est également urgent de protester auprès de la préfecture du Pas de Calais :
Par fax au  03-21-19-70-71
Vous pouvez envoyer un mail à cette adresse
http://www.pas-de-calais.pref.gouv.fr/nous_ecrire_form.php?id_contact=57

et à la préfecture de la seine-Saint-Denis
où ils ont leurs dossiers :
courrier¤seine-saint-denis.pref.gouv.fr
arlette.magne¤seine-saint-denis.pref.gouv.fr (Directrice du service des étrangers)

Messages
Solidarité avec les élèves du lycée Jean-Pierre Timbaud
demain mardi vers 9h00 rendez-vous au lycée jean-pierre timbaud ... solidarité avec les élèves et leurs parents sans-papiers ... une délégation devrait être reçue à la préfecture ... antoine avignon
message pascale b. :
Les élèves se réuniront dans la cour à partir de 9 h 00 et devraient partir
accompagnés des enseignants grévistes dans la demi-heure qui suit.

3 Avril 2007 Audience au Tribunal Administratif de Cergy pour 5 familles d'Aubervilliers que le  Préfet  a décidé de reconduire à la Frontière, et qui ont saisi le Tribunal.
Nous avons accompagné les familles et nous sommes mis à la disposition des avocats  commis d'office pour leur présenter les familles que nous connaissons bien et que nous avons aidé à constituer les dossiers. Toutes les personnes convoquées étant parfaitement francophones et certaines ne parlant que cette langue avec leur enfants, les audiences n'ont pas été ralenties par les traductions.
Certaines familles avaient fait appel à leur votre avocat.
Des familles d'autres villes étaient aussi présentes.
Le gémissement d'une femme qui venait de comprendre que le juge annulait l'arrêté de reconduite à la frontière, car un enfant était de nationalité francaise, a illustré la detresse  dans laquelle les décisions administratives aveugles plongent les familles.
La Préfecture a reconnu que ses gens avaient droit au séjour, tout en précisant au juge que l'arreté de reconduite à la Frontière était motivé par le fait que les critères de la circulaire n'étaient pas remplis. Pourquoi donc imposer ces mois de souffrance, à des gens dont la régularisation est en bonne voie, comme l'a confirmé la Préfecture?
Toutes les décisions concernant les familles d'Aubervilliers ont été mises en délibéré.
5 Avril 2007
Agence France Presse
Circulaire Sarkozy : la Cimade dénonce "une triste farce"

De la loterie à la tromperie.









Téléchargez
le rapport
ici
PARIS (AFP) - La Cimade dénonce jeudi les refus de régularisations "injustes et arbitraires" que les autorités ont opposés aux parents sans papiers d'enfants scolarisés, à l'été 2006, dans le cadre de la circulaire Sarkozy et "exhorte les futurs élus" à régulariser les déboutés.
Dans une enquête intitulée "de la loterie à la tromperie", la Cimade (Conseil oecuménique d'entraide) revient sur la circulaire du 13 juin 2006 qui a organisé, sous conditions, la régularisation "exceptionnelle" des étrangers en situation irrégulière dont au moins un des enfants était scolarisé depuis septembre 2005.
Sur plus de 30.000 demandes de régularisation présentées durant l'été, 6.924 ont été acceptées, laissant 24.000 demandeurs - et au moins autant d'enfants - toujours en attente d'un règlement de leur situation.
Dénonçant "cette triste farce", la Cimade rappelle que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait publié la circulaire dans un contexte de forte mobilisation du Réseau éducation sans frontières (RESF) pour empêcher des expulsions. "A l'impressionnant mouvement de solidarité suscité par le sort de milliers de familles et d'enfants (....), le ministre a répondu à sa manière : pouvoir discrétionnaire, critères flous et, finalement, quotas de régularisation", s'insurge la Cimade.
L'association reproche en particulier à Nicolas Sarkozy d'avoir "fixé un quota (...) et fait mentir la promesse initiale d'un examen particulier de chaque dossier".
De fait, le 24 juillet, lors d'une réunion avec les préfets, M. Sarkozy avait annoncé que 6.000 régularisations seraient accordées sur un total estimé à cette date de 20.000 demandes. "Le 15 août, le ministre de l'Intérieur confirme le chiffre de 6.000 attributions de cartes de séjour, alors que plus de 30.000 demandes ont finalement été déposées", relève le rapport. "Autrement dit, les 10.000 dossiers déposés dans les dernières semaines ont été a priori tous regardés comme infondés", en déduit la Cimade.
"Nombre de familles répondant parfaitement aux critères ont vu leur demande de titre de séjour rejetée de manière totalement arbitraire", accuse-t-elle. Pour la Cimade, la "situation intolérable" faite aux "familles victimes de quota, massivement confrontées à des refus de régularisation à la fois injustes et arbitraires (...) ne pourra perdurer au delà des échéances électorales prochaines".
Le nouveau gouvernement, ajoute-t-elle, "devra répondre aux milliers de familles en attente de régularisation et aux nombreux citoyens qui restent mobilisés à leur côté".

7 avril 2007 M. Abdulkakir SAIYED, arrêté à Calais le 25 mars et père d'un élève du lycée Jean Pierre Timbaud d'Aubervilliers, a été jugé. Son arrêté de reconduite à la frontière a été maintenu par le juge. Il est toujours en détention et peut être expulsé d'un jour à l'autre.
La famille se verra donc privée soudainement du soutien de famille.
Notre élève d'Aubervilliers aura de grandes difficultés à poursuivre sa scolarité, sans l'appui paternel.
16 avril 2007 Nous apprenons la libération de M. Saiyed, samedi 14, sans plus de détail.
Nous remercions tous ceux qui sont intervenus auprès des Préfectures concernées. 
16 avril 2007 Nouvelles arrestations à Aubervilliers dans un Atelier Clandestin.
Nous avons connaissance d'une intervention en force de la police dans un atelier rue André Karman.
Il y aurait une dizaine d'arrestations. Nous connaisons plusieurs familles.
Nous intervenons depuis 17h00 auprès de la gendarmerie et de la préfecture pour obtenir leur libération.
La liaison est établie avec RESF75 qui connait d'autres familles.
Des membres du Comité s'activent.
17 avril 2007

Décès d'un nouveau né,
circonstances encore inconnues.
Suites des arrestations rue André Karman
Un important dispositif policier avait été mis en place hier pour procéder aux interpellations.
Nous n'avons pas encore suffisamment de précisions sur les conditions de l'intervention, mais une petite fille de 2 mois est décédée en fin d'après-midi.
Nous ne connaissons pas les circonstances du décès mais allons être en contact avec la famille.
Le nombre des interpellations, varie, selon les sources, entre une vingtaine et une quarantaine de sans papiers. Nous connaissons plusieurs des familles arrêtées.
Nous sommes intervenus hier notamment pour obtenir la libération d'une mère d'une famille et du père d'une autre famille que nous connaissons bien.
La mère a été libérée hier vers 19h00 .
Une partie des personnes interpellées étaient au dépôt à bobigny, gendarmerie, rue de la folie ... Liliane Balu, conseillère municipale d'Aubervilliers et Francis étaient sur place hier soir pour tenter d'obtenir immédiatement quelques libérations , mais ils n'ont pas pu voir les personnes arrêtées ...
18 avril 2007

Appel
au
 rassemblement

Evenements graves à Aubervilliers.
Forte émotion à Aubervilliers suite aux arrestations de la rue Karman:
RAFLE BRUTALE DANS UN ATELIER CLANDESTIN
A AUBERVILLIERS
Des parents et des enfants arrétés.
APPEL AU RASSEMBLEMENT DE PROTESTATION
vendredi 20 avril 2007
à partir de 17 heures
au métro Quatre chemins à Aubervilliers.
Les faits:
Lundi 16 avril, vers 15 heures, plusieurs dizaines de gendarmes arrivés dans une armada de fourgons sont intervenus de façon extrêmement brutale dans un atelier clandestin de textile rue André Karman à Aubervilliers : portes défoncées, hurlements, cavalcades, poursuites et interpellation violente de ceux qui tentaient d’échapper sous les yeux des enfants du centre de loisirs.
Une femme qui tentait de s’échapper par une échelle est tombée et a dû être hospitalisée.
 Au moins une vingtaine de personnes, dont plusieurs parents d’enfants scolarisés ont été placés en garde à vue puis en rétention.
Deux enfants (10 ans et 1 an) qui habitaient un logement contigu à l’atelier ont été eux aussi arrêtés.

Ils sont actuellement au centre de rétention de Oissel avec leurs parents. Deux autres enfants dont les parents ont été placés en rétention ont été recueillis par des amis.
Un bébé de deux mois dont la chambre jouxtait l’atelier est décédé.
Aucun lien n’est établi pour l’heure entre ce décès et l’intervention de la gendarmerie. La famille demande qu’une enquête médicale détermine de façon certaine les causes du décès de cette fillette.
Appel au rassemblement:
Ce n’est pas la première fois que les forces de l'ordre interviennent façon rodéo contre des ateliers clandestins à Aubervilliers. Déjà en septembre dernier, plusieurs dizaines de gendarmes avaient investi un atelier clandestin avec la plus grande brutalité rue Henri Barbusse, faisant plusieurs blessés, dont un tombé d’un toit dans la cour d’une école alors qu’il était poursuivi.

La lutte contre les négriers qui organisent le travail non déclaré et les entreprises ayant pignon sur rue qui en profitent parfois, ne justifie  pas de telles méthodes contre les victimes de cette exploitation : les travailleurs clandestins ne sont pas des gangsters contre qui il faut un tel déploiement de forces de l'ordre, l’arme au poing.
La première mesure contre le travail non déclaré serait la régularisation des travailleurs sans papiers que leur condition place sans défense entre les mains de leurs exploiteurs.

Le Comité de vigilance d’Aubervilliers contre les expulsions des élèves et familles sans papiers et le Réseau Education sans frontières demandent :
  • La libération immédiate de toutes les personnes interpellées le 16 avril à Aubervilliers et particulièrement celle des enfants retenus à Oissel. La place des enfants est à l’école, pas dans une prison qui ne dit pas son nom.
  • La vérité sur les circonstances du décès du bébé.
  • Que la lutte nécessaire contre le travail clandestin ne soit pas le prétexte à des reconduites à la frontière et alimente la politique du chiffre.
Ils appellent à un rassemblement de protestation
 vendredi 20 avril à partir de 17 heures
au métro Quatre chemins à Aubervilliers.
20 Avril 2007 Grande manifestation à Aubervilliers
le 20 Avril 2007
Aubervilliers
le 20 Avril 2007
Manifestation du 20 avril 2007
manifestation du 20 avril 2007

Libération du Samedi 21 avril 2007
Sur la banderole, il est écrit «des rafles pour faire du chiffre». A l'avant-veille du premier tour de la présidentielle, plusieurs associations ont encore une fois dénoncé la politique du gouvernement en matière d'immigration irrégulière lors d'un rassemblement à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Près de 300 personnes se sont retrouvées vendredi pour protester contre l'opération conduite lundi dans des ateliers clandestins de confection situés rue André-Karman à Aubervilliers. Durant plus de six heures, 80 gendarmes ont investi cet entrepôt qui servait de logement, procédant à l'interpellation de 21 personnes sans papiers, dont deux enfants. L'intervention qualifiée «d'extrêmement brutale» par les associations de sans-papiers a d'autant plus suscité d'émotion qu'une petite fille de 2 mois a été découverte inanimée par sa mère dans une chambre jouxtant les ateliers clandestins. L'autopsie pratiquée mercredi à l'hôpital de Garches (Hauts-de-Seine) a conclu à «une mort subite du nourrisson»,........./............
Pour Liliane Balu, élue communiste d'Aubervilliers et membre du Réseau éducation sans frontière (RESF), il y a des ateliers clandestins «depuis dix ou quinze ans», mais la pression policière s'est «considérablement accrue» depuis un an et demi avec «une chasse aux sans-papiers» sur les lieux où ils sont exploités par des employeurs illégaux et des marchands de sommeil. Cette tactique ne doit rien au hasard, selon un autre représentant du RESF : «Notre stratégie d'empêcher les rafles aux abords des métros oblige les autorités à rechercher d'autres cibles comme les ateliers clandestins.» Pour José Bové (lire page 9) qui a rejoint le cortège lors de sa marche silencieuse, «cette logique d'intervention est dramatique car elle frappe des migrants et non les patrons du travail clandestin. Si les sans-papiers étaient régularisés, ça permettrait de poursuivre les gens qui les exploitent.» 
A l'issue de la manifestation au métro Quatre-Chemins, le bilan est le suivant, pour les 20 personnes placées dans 4 centres de rétention différents:
  • Vincennes: des libérations sont annoncées, nous en attendons confirmation.
  • Mesnil Amelot: Un vice de forme dans la procédure a permis de libérer les 10 personnes.
  • Oissel: la femme et les deux enfants sont libres, l'homme est maintenu en détention car son passeport ne serait pas parvenu au juge.
  • Paris: la femme est maintenue en détention.
Les personnes pour lesquelles la Cimade ou les avocats ont fait, à temps, une requête en annulation de l'arrété de reconduite à la frontière, devraient passer dans les prochains jours au Tribunal Administratif.
23 avril 2007

Bravo !

Alberlinda

et merci
aux soutiens.
Régularisation d'une lycéenne
Nous avons appris avec grand plaisir, que la Préfecture avait décidé la régularisation d' Alberlinda, lycéenne d'Aubervilliers, élève brillante de Terminale S, à qui un titre de séjour étudiant sera accordé.

Malgré une pétition de 2500 signatures, un fort soutien des élus, des enseignants, du réseau éducation sans frontières, du comité de vigilance et de beaucoup d'autres personnes, Alberlinda avait essuyé un premier refus fin 2006, au motif qu'elle était arrivée en France à l'âge de 13 ans et 4 mois; ces 4 mois lui interdisant la régularisation automatique à 18 ans. Nous avions tous été consternés.
 Monsieur le Préfet, après lui avoir imposé des mois d'angoisse, permet maintenant à cette jeune fille de se lancer a fond dans les révisions du bac.
Nous lui souhaitons tous nos vœux de réussite, pour cet examen et espérons que l'état sera assez clairvoyant pour ne plus écarter, à l'avenir, les plus beaux fruits de l'école publique française.
24 avril 2007

EXPULSION EN COURS !!!!!!!!!!

Nous apprenons l’expulsion imminente de Monsieur ZHANG Changju et Monsieur ZAIANG Cha-Thaoqing, tous deux arrêtés au 109 rue Karman. 

Leur place serait retenue sur le vol pour Pékin de 19 heures.

Nous lançons immédiatement un appel aux soutiens, afin que les personnes disponibles se rendent à Roissy.
Sur place, l’embarquement à des passagers a déjà été réalisé, et il ne nous est pas possible de leur faire passer le message. La consigne a été visiblement passée auprès du personnel Air France de nous délivrer aucune information.
C’est dans l’incertitude que nous rejoignons Aubervilliers.

25 avril 2007
EXPULSION
REALISEE

Le Comité de Vigilance d'Aubervilliers remercie les personnes qui se sont déplacées à Roissy hier soir pour protester contre les expulsions en cours  de deux personnes arrêtés rue Karman.         

Le centre de rétention de Oissel nous a indiqué, ce matin que Monsieur ZHANG Changju avait bel et bien été reconduit en Chine hier soir.

Il laisse donc deux enfants et sa compagne seuls à Aubervilliers.

 Nous n'avons pas de confirmation pour Monsieur ZAIANG Cha-Thaoqing, ce nom nous a été indiqué comme inconnu pour l'instant.

1 mai 2007
retour
Manifestation du  1 Mai 2007:

Au départ d’Aubervilliers nous avons rejoint Paris en Métro, où d’autres soutiens d’Aubervilliers nous attendaient. Nous avons convergé vers le point de ralliement de Resf à l’angle des boulevards Voltaire et Richard Lenoir. Nos pancartes ont été grandement appréciées, des pères de familles d’Aubervilliers se sont relayés, pendant plus de deux heures, afin qu’elles puissent être vues par tout le cortège qui défilait devant nous.
Les slogans habituels étaient scandés sans relâche, et bien souvent repris par les manifestants, membres des syndicats et associations réunies pour ce grand jour.
Des dizaines de photos ont été prises par des manifestants, nous espérons les voir se répandre partout en France, afin que l’action du Comité de Vigilance d’Aubervilliers soit connue du plus grand nombre.

Après plusieurs heures immobiles, nous avons enfin trouvé notre place dans le cortège, et avons défilé jusqu’à la place de la Nation.

Les parents sans-papiers n’avaient jamais encore participé à une manifestation si importante, ils ont été agréablement surpris de voir autant de personnes solidaires à leur cause, et de ne faire l’objet d’aucune hostilité de la part des travailleurs déclarés et syndiqués, alors que, eux, sont contraints, faute de papiers, de travailler au noir, et d’accepter des conditions souvent indignes.

Les Sans-Papiers présents ont été les seuls à perdre une journée de salaire pour venir manifester. Congés payés, congés maladie et jour fériés n’existent pas pour eux.
Leur présence malgré les risques d’arrestation, et la perte de salaire est d’autant plus remarquable.

6 Mai 2007 Election du Président de la République
Bien que rien n'ait été promis de la part de la candidate écartée, l'election du Président est très durement ressentie par les familles d'Aubervilliers. Nuits blanches et larmes chez beaucoup de gens.
Un grand sentiment de mal-entendu règne, les sans-papiers ne comprennent pas comment des souffrances accrues, une peur permanente de la séparation des familles, et l'obligation de travailler au noir, pourrait constituer un quelconque bénéfice pour la France.
Les familles ont déjà vécu de très grandes épreuves, arrachement au pays natal, voyages périlleux,  enfants laissés au pays en caution, arrestations, rétention, expulsions,.... aujourd'hui comme hier, l'espoir les guide.
10 Mai 2007 Audience au Tribunal Administratif de Cergy pour 6 familles d'Aubervilliers.
Malgré de très bons dossiers, l'angoisse etait grande pour les parents, et la nuit précédente avait été courte. Le cas d'une mère frappé d'un arreté de reconduite à la frontière, alors que 6 de ces enfants sont en France, plusieurs de nationalité Française et un est fonctionnaire de Police est à noter pour illustrer jusqu'ou peut mener l'aveuglement de l'administration. Le motif du refus de séjour était l'absence de liens sur le territoire. L'arbitraire administratif, pain quotidien des sans-papiers, s'attaque donc désormais aux parents des fonctionnaires. Il faudrait peut-etre se réjouir de cette trop rare égalité de traitement, mais les souffrances et les angoisses de cette femme meurtrie par tant d'injustice nous acablent encore. Pour beaucoup de sans-papiers et de soutiens, une fois l'incrédulité passée, le sort réservé à Madame est le signe d'un très grand dérèglement administratif que seul le Tribunal Administratif semble pouvoir arréter.
Grandes manifestations de joie à la sortie du Tribunal Administratif.
Nous rentrons à Aubervilliers avec le sentiment étrange de vivre le déclin d'un pays qui désormais mobilise toutes nos energies à lutter contre les décisions administratives prises en dépit du bon sens, alors que tant de tâches nous attendent ailleurs. Le temps perdu aujourd'hui par les fonctionnaires, le Tribunal, les familles et les soutiens pour faire lever des arretés de reconduite à la frontières pris en violation des traités et conventions signés par la France, est autant d'argent du contribuable dépensé inutilement, alors que des besoins sont criants par ailleurs et la dette de l'état déjà considérable.
10 Mai 2007
au soir
Première réunion du Comité après l'élection présidentielle
Après avoir annoncé les bonnes nouvelles du jour, qui ont été saluées par tous, nous avons resenti la grande angoisse des parents, née de la dernière election du Président de la République.
Particulièrement échaudées par la circulaire homonyme du 13 juin 2006, les sans-papiers s'attendent désormais à tout. Il a été difficile de les rassurer quand désormais "tout devient possible"
Des consignes ont été données, pour la période des vacances, ou des initiatives sont à craindre.

A l'hunanimité des soutiens présents, il a été décidé de signer, au nom du Comité de Vigilance la pétition mise en ligne par l'
Observatoire du droit à la santé des étrangers, contre les nouvelles mesures visant à éloigner  les malades étrangers dans des pays où ils ne peuvent pas se soigner.
Chacun peut aussi signer la pétition à titre personnel.   Cliquez ici
Des nouvelles du Lycée Jean Pierre Timbaud à Aubervilliers:

Suite à la très forte mobilisation des élèves, des enseignants, des élus, de RESF 93, le 3 avril et le 2 mai 2007:

  • 2 élèves ont été régularisés avec une carte VPF (vie privée et familiale), la mère d'un élève avec OQTF (obligation à quitter le territoire) a été régularisée avec une carte VPF.
  • Une élève a obtenu un titre étudiant et l'un des deux élèves menacé d'une OQTF a vu son OQTF abrogée et a obtenue un titre étudiant.
  • Il  reste encore 6 élèves à régulariser (eux et/ou leurs familles) et la bataille continuera sur les titres étudiants à requalifier en VPF.
24 mai 2007 Nous apprenons l'arrestation de Monsieur Shibiao LIN,  père de famille Chinois d'Aubervilliers.
La famille Lin s'est crée en France, où a eu lieu le mariage et la naissance de l'enfant.
La famille s'est présentée au mois d'Août 2006 à la Préfecture de Bobigny, dans l'espoir d'une régularisation prochaine à l'occasion de la circulaire Sarkozy.
Comme la grande majorité des familles, elle a essuyé un refus de séjour, suivi peu après, en octobre 2006 d'un  arrêté de reconduite à la Frontière pris par la Préfecture de Bobigny. Le comité a aidé la famille à faire une requête en annulation de l'Arrêté de reconduite à la Frontière, dans le très court délai d'une semaine suivant la notification de l'arrêté. Cette requête est enregistrée et la famille attend, depuis lors, d'être convoquée au Tribunal Administratif de Cergy.
Monsieur Shibiao LIN a été arrêté et transféré au centre de rétention de Palaiseau, il lui a été notifié un second arrêté de reconduite à la Frontière, sans que ne soit tenu compte qu'il attendait déjà d'être convoqué au Tribunal Administratif de Cergy. Il est passé devant le Juge des libertés et de la détention, le 25 mai 2007, qui a décidé de le maintenir 15 jours de plus en rétention.
Il devrait, sous peu, passer au Tribunal Administratif de Versailles, qui décidera de la légalité de ce nouvel arrêté de reconduite à la Frontière.
La mère et l'enfant se cachent, dans la crainte d'une arrestation aux fins d'expulser la famille au complet. Leur vie s'annonce très difficile, si le père, soutien de famille principal, est reconduit en Chine. La disparition soudaine de son père, placé en rétention, reste pour l'enfant inexplicable.
25 mai 2007 Audience au Tribunal Administratif de Cergy pour plusieurs familles d'Aubervilliers, déboutés de la circulaire, qui contestent la légalité de l'Arrêté de reconduite à la Frontière, pris à leur encontre par la Préfecture de Bobigny.
Comme à chaque audience nous avons partagé l'angoisse des familles, qui n'envisagent pas comment elles pourraient poursuivre leur vie à l'étranger.
Deux familles, constituées en France de parents de nationalité différentes et dont les enfants ne connaissent que la France, sont contraints par la Préfecture à regagner chacun son pays d'origine, sans que la destination des enfants ne soit précisée dans l'Arrêté de reconduite à la Frontière.
Devant l'impossibilité de faire exécuter l'Arreté, sans détruire la famille, ce qui est contraire aux conventions signées par la France et à la déclaration des droits de l'homme, la Préfecture dit avoir eu connaissance d'un Tunisien, qui a pu rejoindre la Tunisie, avec sa femme de nationalité différente, qu'il avait épousé en France. Cet exemple, d'après la Préfecture, prouverait qu'il est possible de reconduire toute la famille dans l'un ou l'autre pays.  Nous reconnaissons bien d'argumentation de l'administration, qui essaye, au bénéfice de sa thèse, de faire passer un cas spécifique et exeptionnel pour une règle commune s'étendant à tous les ressortissants Tunisiens, voire à tous les étrangers, tentant de faire oublier le caractère grandement aléatoire et traumatisant de telles reconduites.
Le fait que seul l'un des conjoints se retrouverait dans son pays d'origine, et que tout le reste de la famille serait déraciné, semble être le dernier souci de l'administration.
Les lois françaises, élaborées et votées par les représentants du Peuple Francais, qui protègent la famille sont, là, une nouvelle fois négligées par l'administration, pourtant chargée de les faire appliquer.

Les avocats, ont cru bon, d'évoquer, en préalable à leur plaidoirie, le cynisme de la  circulaire Sarkozy, qui sous couvert d'accorder des régularisations, a permis de mettre à jour les fichiers de la Préfecture, et d'établir des milliers d'Arrêté de reconduite à la Frontières à destination des bénéficiaires. Les faits sont connus (cliquez ici), et ont été très souvent évoqués à la barre, mais le scandale demeure, un petit rappel ne fait jamais de mal. La répétition étant la base de l'enseignement, il faut espérer qu'un jour le message passera auprès de l'administration.

Parmi les parents , deux papas pouvaient justifier de 17 et 19 ans de présence en France, et avaient toujours essuyé des réponses négatives à leurs demandes de régularisation, puis, enfin en septembre 2006, un arreté de reconduite à la Frontière, qui leur imposait de quitter la France où ils ont construit toute leur vie.
Le fait que l'administration persiste à vouloir les reconduire, malgré les années de présence et les textes de loi, qui prévoient encore la régularisation de plein droit pour les resortissants de ces pays du Magreb, démontre bien qu'il faut presque systématiquement saisir le Tribunal Administratif pour que l'administration daigne appliquer les textes en vigueur et considérer enfin l'intéret des enfants, à ne pas être élevé dans la crainte permanente de voir leurs parents reconduits, vers un pays, qu'ils ne reconnaitront plus après toutes ces années passées en France.
L'obstination de l'administration française laisse songeur, elle pourrait même provoquer des cauchemars.
Les deux Arrétés de reconduite, ont été annulés par le juge à l'audience, les autres cas mis en délibéré.
31 mai 2007 Réunion hebdomadaire du Comité de Vigilance
Des familles dont l'Arrété de Reconduite à la Frontière émis par la Préfecture, avait été annulé par le Président du Tribunal Administratif, ont appris que la Préfecture faisait appel du Jugement. La déception est grande, les familles voient ainsi s'éloigner la perspective de voir leur situation évoluer vers la régularisation prochaine.
Elles disposent aujourd'hui d'une Autorisation Provisoire de Séjour, (APS), sans autorisation de travailler légalement, il leur faut désormais répondre au mémoire rédigé par la Préfecture, et attendre de longs mois avant de passer devant la Cour d'Appel.
La victoire au Tribunal Administratif n'aura été qu'une très brève acalmie dans ces années d'angoisse, le concours d'un avocat est maintenant indispensable.
Les familles doivent faire face à cette nouvelle dépense.

Une grand mère d'Aubervilliers, contre laquelle le Préfet avait pris une OQTF (obligation à quitter le territoire), qui l'obligeait à abandonner ses enfants régularisés, et ses petits enfants français, pour finir sa vie seule à l'étranger, vient nous annoncer que le Tribunal Administratif a annulé la décision du Préfet. Elle remercie le Comité pour son soutien.

Premiers renouvellements des APS (Autorisations Provisoires de séjour), pour les premières personnes qui ont vu leur Arrété de Reconduite à la Frontière annulé, et attendent depuis lors que la Préfecture daigne réexaminer leur situation.
Les APS sont renouvelés pour 3 nouveaux mois, sans que la Préfecture n'annonce à quelle date une décision sera prise. L'impatience des familles qui espéraient leur régularisation prochaine et qui sont contraintes, maintenant officiellement, (par la délivrance d'un APS, sans autorisation de travailler), de travailler au noir, est grande.

Il est impossible de savoir si cette attente est dûe aux incontournables lenteurs administratives, ou à une volonté délibérée de la Préfecture de laisser les familles dans la précarité.
Si l'incertitude perdure, le Comité devra envisager une nouvelle forme d'action.
3 juin 2007
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Dimanche 3 juin Fête des Assocations à Aubervilliers.