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Nouvelles lois
restreignant l'admission au séjour des
étrangers
Les nouvelles loi dites CESEDA
ayant
été votés annoncent un durcisement
très
important des conditions d'attribution des titres de séjour
aux
étrangers vivant en France. Les espérances de
régularisation des personnes vivant en France sans papiers,
s'évanouissent, en particulier du fait de la suppression de
la
loi des "10 ans" qui permettait jusqu'alors, de faire valoir son droit
au séjour après 10 ans de
clandestinité
prouvée. Les lois Ceseda vont permettre
désormais, la
reconduite à la frontière expéditive
d'un grand
nombre de personnes, comme le promet le ministre de
l'intérieur.
Le collectif Unis contre une Immigration Jetable propose une analyse de la nouvelle loi.
Fichier PDF à télécharger ici (rédigé en juin 2006)
De nombreux citoyens français s'émeuvent du sort
réservé aux familles sans papiers, dont les
enfants
nés en France, ou arrivés en très bas
âge risquent
d'être arrachés du jour au lendemain à leur
école,
et tout leur cadre de vie, pour se retrouver dans le pays de leur
parents, qu'ils ne connaissent pas, et dont ils ignorent, bien souvent, la
langue.
Ces déportations (mot peu apprécié par
la
Préfecture, car il est devenu synonyme d'extermination
pendant
la seconde guerre mondiale, mais couramment employé par
l'administration jusqu'à 1944, et toujours en usage courant
au
Québec pour désigner le transfert
forcé de
personnes d'un pays à l'autre) conduiront les familles, qui
auront perdu leur dernières économies dans les
dépenses d'avocats, à se retrouver sans logement
ni
travail dans des pays, ou l'aide sociale est très
réduite, voire dans certains cas à être
emprisonnés dès leur arrivée, leur
fuite ou leur
expulsion étant considérée comme un
délit.
Les déboutés du droit d'asile, qui sont
une part
importante des sans-papiers, ont eux tout à craindre d'un
retour
au pays, qu'ils ont fui chassés par la peur . |
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La circulaire du
ministre de l'intérieur aux Préfets
Face à
l'inquiétude grandissante de membres de
la société civile, et des craintes des
enseignants de
voir leurs élèves expulsés sans
témoins
pendant les vacances, le ministre de l'intérieur
rédige une circulaire à l'attention des
préfets,
les invitant à proposer une aide au retour aux parents
d'enfants
scolarisés répondant
à un certain
nombre de critères, puis en cas de refus d'examiner leur
situation et d'accorder le droit de séjour aux familles
faisant
preuve d'une "bonne intégration" dans la
société française. A la veille des
vacances
scolaires un grand espoir naît dans ces familles dont
beaucoup
d’enfants sont nés en France et ne connaissent que
ce pays.
Pour lire ou télécharger la Circulaire du 13 juin 2006 cliquez ici
Vous constaterez le flou de certains critères:
- absence de lien de(s) enfant(s)
scolarisés avec le pays dont ils ont la
nationalité.
- réelle volonté
d'intégration
de ces familles, caractérisée notamment
par , outre
la scolarisation des enfants, leur maitrise du français, le suivi
éducatif des enfants, le sérieux de leurs
études
et l'absence de troubles à l'ordre public.
Carte blanche est donnée aux Préfets pour
apprécier les situations jusqu'à
la rentrée
des classes de septembre 2006, date à laquelle seront
appliquées les nouvelles lois Ceseda, beaucoup plus
restrictives.
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L'expectative
Réunions d'informations
organisées par le comité de Vigilance et la
Mairie
d'Aubervilliers, regroupant les familles, les parrains et des membres
d'associations et mouvements, se consacrant aux sans papiers.
Les avis sont très partagées quant aux
risques que courent
les familles à se signaler auprès de la
Préfecture
et à y être convoqués. Le flou des
critères, et la
totale libre appréciation laissée au Préfet, ainsi
que
l'accent mis sur l'aide au retour ne nous permet pas de pousser les
familles à se rendre à la Préfecture.
Parmi les familles, aucune ne se montre intéressée par
l'aide au retour proposée.
La scolarisation des enfants en France semble avoir
été
le point de non retour, malgré les difficultés
à
vivre clandestins en France, les parents n'envisagent l'avenir de leurs
enfants qu'en France. Les années de clandestinité
pendant
lesquels il était impossible de sortir de France, sous peine
de
ne pouvoir y revenir, ont coupés tous les liens d'avec le
pays
d'origine. Bien des personnes, nous ont confiés, n'avoir
plus
rien à dire au téléphone, à
leurs
connaissances restés au pays,
leurs préoccupations n'étant plus du tout les
mêmes. Le pays d'origine
fait
maintenant partie d'un monde passé, les parents se
consacrent
aujourd'hui entièrement à l'éducation de leurs
enfants en
espérant un jour les voir devenir français, pour
échapper
aux
tourments que la France réserve aux étrangers.
Nous conseillons aux familles de réunir, toutes les
pièces prouvant qu'elles correspondent aux
critères, et
déconseillons ceux qui ne remplissent pas la
totalité des
critères de se présenter en
Préfecture.
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Premiers rendez-vous en
Préfecture
Certaines familles
décident de tenter
leur chance, dès les premiers jours. La cohue à
la
Préfecture est indescriptible. Les gens font la queue toute
la
nuit, dehors sans abri avec des enfants, les plus faibles doivent
renoncer, la mort dans l'âme. Des citoyens et des élus
s'émeuvent de la situation faite aux familles, du
coté
préfectoral la résistance physique semble être un
nouveau
critère retenu pour obtenir un rendez-vous.
Dans les premiers jours, des gens signent sans comprendre des
formulaires d'acceptation d'aide au retour, qui leur sont
présentés comme une formalité
nécessaire pour
obtenir l'examen de leur situation. Devant les protestations des
citoyens confrontés au désespoir des familles
signataires, l'administration décide de ne pas tenir compte
des formulaires litigieux.
A Bobigny, les familles doivent faire la queue deux fois, la première
fois pour remplir un formulaire de demande de rendez vous, la seconde
fois pour voir réexaminer leur situation. A l'issu de
l'examen
la réponse n'est pas donnée, mais promise par
lettre dans
les jours, ou semaines, qui suivent.
A Paris, la Préfecture voisine, les gens sont
traités
bien différemment. Les familles font la queue, et voient leur
situation immédiatement examinée. Beaucoup
ressortent avec
une convocation à la visite médicale, qui a
valeur de
réponse positive. Des cas nous sont rapportés de
familles, hors critères, qui cependant voient leur situation
examinée favorablement.
(Un brutal coup d'arrêt à cette situation sera mis par le
ministre de l'intérieur à la mi juillet.)
Face à de telles rumeurs d'examens favorables, les familles
les
plus timorés n'hésitent plus, bien qu'aucune
réponse n'ait encore été
enregistrée
à Bobigny.
Certaines familles, craignent d'être arrêtées en
Préfecture, étant encore sous le coup d'un
Arrêté de Reconduite à la Frontière,
ou ayant
été déjà en procès avec la
Préfecture; d'autres s'inquiètent d'être
piégées par les fonctionnaires, et de ne pas
parvenir
à refuser l'aide au retour. Des élus
d'Aubervilliers, des
parrains et membres du comité, se relaient tout au long du
mois
d'aout pour les accompagner.
Le comité se mobilise aussi pour constituer les dossiers, et
conseiller les familles sur les pièces à joindre.
Nous
prenons ainsi connaissance de la situation de chacun et des
atouts et faiblesses de chaque dossier. Toutes les familles que nous
envoyons en Préfecture remplissent tous les
critères et
même souvent bien au delà.
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Le premier refus de
séjour avec invitation à quitter le territoire
Des parents correspondant en
tous points aux critères de la
circulaire, et même bien au delà, nous annoncent
avoir
chacun reçu une lettre de refus avec invitation à
quitter
le territoire sous un mois.
Le motif
du refus est : «
Considérant que Monsieur XXXXXX
entré(e) en France
le 00/00/00, marié(e) à un(e)
ressortissant(e) étranger(e) en
situation
irrégulière, ne justifie pas
d’obstacles
l’empêchant de poursuivre une vie familiale normale
dans un
autre pays que la France accompagné(e) de son
époux
(épouse) et de son (ses) enfant(s) de sorte que la
présente mesure ne porte pas une atteinte
disproportionnée à son droit à une vie
familiale
normale »
Nous ne
comprenons pas
comment cette famille, que nous connaissons bien n’a pas
été retenue et attribuons ce refus à
une erreur
administrative, nous conseillons à la famille de faire un
recours immédiatement. |
| Fin
Aout |
| Début Septembre |
| 2006 |
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Avalanche de
réponses négatives, le désespoir
Les
réponses nous arrivent de la Préfecture, elles
sont
toutes négatives, adressées à chacun
des deux
parents, avec le même motif de refus indiqué plus
haut.
Rien ne laisse indiquer que les dossiers aient
été
examinés. Les réunions du comité
prennent une
dimension dramatique. Les familles sont
désespérées et passent brutalement de
l’espoir à la peur.
Aucune
des familles
n’envisage de quitter la France dans le mois, alors que les
enfants rentrent en classe, que les parents travaillent ici depuis
plusieurs années et qu’ils occupent un logement
très difficilement obtenu, du fait de leur situation de sans
papiers.
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Quelques rares
régularisations
L'ampleur
des refus, 100% à la fin Aout et l'écho
qui en est
fait dans la ville par les membres du comité est
très
grand. Conséquence ou hasard, début
septembre, nous obtenons quelques régularisations.
Nous cherchons à discerner, ce qui a fait pencher la balance
du
bon coté, cette fois-ci, mais rien ne permet de savoir
pourquoi
ces familles ont été retenues et pas les autres.
Nous
voulons croire que ces régularisations inexplicables sont le
fruit de notre
mobilisation.
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Le bilan
Fin Septembre, les
dernières réponses nous parviennent, nous pouvons
faire
le bilan, parmi les familles que nous suivons :
- 300
refus pour 34 régularisations.
- Le
domicile de toutes les familles est
désormais connu de la Préfecture, et est
susceptible
d’être le théâtre
d’interpellations.
Nous nous
demandons si le
but de la circulaire Sarkozy n’a pas
été, au prix
de quelques régularisations, d’uniquement mettre
à
jour les fichiers de la Préfecture en vue
d’organiser
ultérieurement la chasse aux familles de sans papiers. Il
est
bien sur quasiment impossible à une famille de sans papiers
de
changer de domicile, et de vivre en cavale comme un malfaiteur pourrait
le faire.
Un
numéro de
téléphone d’urgence est
communiqué aux
familles pour que nous soyons avertis jour et nuit des arrestations ou
tentatives d'arrestations et que les enseignants nous
préviennent si aucun des parents ne vient chercher les
enfants
à l'heure de la sortie des classes.
Des
marches de protestations
sont organisées au départ
d’Aubervilliers vers la
préfecture, ou nous rejoignons de nombreuses autres
associations
tout aussi mobilisées.
Lors
d’une
audience, le Préfet nous répète les
consignes de
fermeté du ministère de l'intérieur et
ne laisse
entrevoir aucune clémence de l'administration, vis
à vis
des familles. Il rappelle simplement qu'il est possible de former des
recours gracieux, dans un délai de deux mois afin
d’obtenir réexamen des dossiers.
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La
rédaction des recours gracieux au Préfet
Toutes les familles
s’accrochent maintenant à ce nouvel espoir et nous
devons
faire face à 300 demandes de recours, que bien peu de
familles
se sentent capables de rédiger sans notre soutien. Quelques
familles font affaire avec des juristes qui proposent de
rédiger
les recours contre confortable rémunération.
La mairie volent à notre secours en recrutant un agent,
chargé de synchroniser l'action des soutiens et
rédiger un
nombre important de recours.
Nous
décidons, alors nous
tourner vers le personnel enseignant, qui a la charge des enfants de
ces familles et peut nous aider dans la rédaction des
recours.
Des membres du comité consacrent tout leur temps
à
recevoir les familles, à réunir les
pièces
nécessaires aux recours et à les rédiger.
L'ampleur de la
tache est immense et l'impatience des familles est grande. Nous voyons
arriver avec angoisse l'échéance
après
laquelle les recours ne seront plus recevables. Pour les derniers
recours, nous tenons une permanence non-stop pendant tout le week-end.
Début Novembre, nous parvenons à
rédiger le dernier recours gracieux.
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Les premiers
arrêtés de reconduite à la Frontière
Début novembre:
premiers APRF (Arrêtés Préfectoraux de Reconduite
à la Frontière).
A l'issue
du premier mois
suivant la décision de refus, et alors que nous
rédigeons
les recours gracieux, des parents reçoivent une seconde
lettre
recommandée de la Préfecture. Ils pensent trouver
à la poste une réponse à leur recours,
mais,
l'enveloppe ouverte, ils lisent:
«1.
Monsieur XXXXXXX est reconduit(e) à la frontière.
2. Monsieur XXXXXX sera éloigné (e) du pays
dont il (elle) a la nationalité ou qui lui a
délivré un document de voyage en cours de
validité
ou encore à destination de tout autre pays dans lequel il
(elle)
établit être légalement admissible.
3. Le secrétaire général de la
préfecture est chargé de
l’exécution du
présent arrêté dont un exemplaire sera
notifié à
l’intéressé.»
Il s'agit
d'un Arrêté
Préfectoral de Reconduite à la
Frontière pris par le Préfet de
Seine Saint Denis
à l'égard de chacun des deux parents, sans que ne
soit
envisagé le sort réservé aux enfants.
L'existence
d'un recours gracieux, en
cours d'examen, ne semble pas avoir été
considéré par la préfecture.
Un
père ou une
mère, sous le coup d'un Arrêté
Préfectoral
de Reconduite à la Frontière, peut, en cas
d'interpellation être reconduits de force à la
frontière, et contraint soit d'abandonner ses proches en
France,
soit de rendre possible leur interpellation afin de ne pas
être
expulsé seul.
N'ayant
ni logement ni
travail dans le pays d'origine, certains parents
préfèrent abandonner leur famille,
livrée à
elle-même en France, plutôt que de faire plonger
leurs
enfants dans un monde inconnu, loin de l'école
française
et des espoirs de vie meilleure qu'elle leur laisse entrevoir.
Même en restant en France, les enfants sont privés
du
soutien d’un ou des deux parents, et la famille
amputée
sombre dans la détresse financière et morale.
Dans
les sept jours
qui suivent cet Arrêté de Reconduite à
la
Frontière, il est possible de contester cette
décision de
l'administration préfectorale, en faisant parvenir
au
Tribunal administratif un Requête en Annulation, afin que le
juge
soit amener à statuer sur le légalité
de la
décision préfectorale.
Ce
délai de sept
jours, pour des parents, souvent peu instruits, et accaparés
par
les taches familiales et professionnelles, suppose que toutes affaires
cessantes ils s'adressent à un juriste
spécialisé
afin de rédiger la requête. Bien peu de
ces familles
savent vers qui se tourner, et souvent elles n'évaluent pas
la
gravité de la situation.
Si le
tribunal n'a pas
réceptionné la requête dans les sept
jours, plus
aucun recours n'est possible. En cas d'arrestation la
Préfecture
est alors libre d'expédier le père ou la
mère dans
son pays d'origine et de détruire l'unité
familiale.
Après
les premiers
jours de panique, ou nous avons enregistré
jusqu'à 15
APRF dans la journée, nous avons rapidement mis en place un
service de rédaction des requêtes en annulation
auprès du Tribunal Administratif afin que les parents aient
au
moins l'occasion de voir examinée leur situation par un
juge,
indépendant du ministère de
l'intérieur, avant
d'être chassées ou non de la France.
Nous
pensions que
seuls les parents dont le dossier était moins bon que la
moyenne, feraient l'objet d'un Arrêté de
Reconduite
à la Frontière, mais comme pour les refus il nous
fut
impossible de discerner les critères utilisés par
la
Préfecture pour établir ou non des
Arrêtés
de reconduite à la frontière. Des parents qui
remplissaient bien plus que les critères demandés
pour
obtenir une régularisation, nous ont amené, en
larmes,
leur Arrêté de reconduite à la
Frontière.
Le
tribunal administratif accuse réception des
requêtes, mais ne nous indique pas encore de date d'audience.
La vague
des
Arrêtés de Reconduite à la
Frontière
provoque une vague de Requête en Annulation que le
tribunal
doit affronter en plus de tous les litiges qui oppose
déjà l'administration aux administrés.
Seuls les
parents
interpellés ont pu pour l'instant voir leur
Requête en
Annulation examinée par le tribunal administratif. |
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Les premières audiences au Tribunal Administratif de Cergy Pontoise
Le
7 décembre, 6 familles étaient convoquées à
l'audience, qui devait examiner la légalité de
l'Arrêté de Reconduite à la Frontière
établi par la Préfecture pour chacun des deux parents.
Les convocations sont arrivées le mardi, pour le jeudi, alors
que nous n'avions meme pas eu encore le temps de faire un
complément de requête. Des membres du comité ont
travaillé jour et nuit pour compléter les dossiers, afin
de pouvoir fournir à l'avocat commis d'office les pièces
nécessaires à la défense.
La Mairie
d'Aubervilliers a affrété un car, pour conduire les
parents et les soutiens au Tribunal Administratif. Les débats
ont eu lieu devant une salle comble.
Le juge n'a pas encore communiqué sa décision.
L'émotion
est grande chez toutes les familles. La date des audiences, que l'on
pensait lointaine, nous aurait laissé le temps de
préparer la défense, de choisir un avocat et de
réunir toutes les pièces du dossier. Nous savons
maintenant qu'elles peuvent avoir lieu n'importe quand, et que nous
devons nous acharner à préparer tout de suite tous les
dossiers, pour servir au mieux la défense.
La charge de travail est colossale pour les membres du comité.
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Le
comité travaille à réunir toutes les pièces
des familles ayant fait une requete en annulation d'APRF, afin de
constituer des compléments de requêtes qui sont
portés chaque semaine au Tribunal Administratif de Cergy.
Ces dossiers serons remis aux avocats commis d'office afin de les aider
à préparer la défense. Les avocats
découvrent les affaires quelques minutes avant l'audience, il
est indispensable que les dossiers soient immédiatement
disponibles.
Premiers résultats des audiences de Décembre:
- 3 familles ont vu leurs Aprf annulés par le juge du Tribunal,
avec obligation donnée à la Préfecture de
réexaminer la situation de ces familles.
- 1 Aprf annulé par la Préfecture juste avant l'audience, suite à une erreur administrative.
- 2 familles ont vu leur Aprf confirmé par le juge.
Les familles dont l'APRF est annulé, obtiennent une autorisation
provisoire de séjour de 3 mois délivré par la
Préfecture, dans l'attente du réexamen du dossier. Ce
titre provisoire leur permet de vivre cette période sans la peur
d'être interpellé et placé en rétention,
mais il ne leur est toujours pas permis de travailler
légalement. La préfecture ne prenant pas en charge leur
entretien, semble ainsi leur délivrer une autorisation
provisoire de travailler au noir. Curieuse pratique de l'état
français.
Il est possible que la Préfecture décide, si elle
différe l'examen des dossiers, de leur renouveller cette
autorisation à l'issue des trois mois.
Les familles dont l'Aprf est confirmé par le juge, peuvent faire
appel auprès de la cour d'Appel de Versailles, il leur faut
trouver un avocat, et avoir de quoi le payer.
L'appel n'est pas suspensif, et si un membre de la famille est
interpellé il peut etre expulsé avant meme que la cour
d'appel n'ait statué.
Sauf éléments nouveaux au dossier, il est fréquent
que le jugement du Tribunal Administratif soit confirmé par la
cour d'Appel.
Les parents sous le coup d' un APRF confirmé par le juge,
doivent maintenant tout faire pour ne pas tomber entre les mains de la
police, dans les douze prochains mois, car plus aucun recours juridique
ne les protègerait de l'expulsion immédiate.
La congélation pendant un an est à l'étude, mais
les années de congélation ne seront peut-être pas
reconnues comme des années de séjour. Congélation
et intégration sont difficilement conciliables.
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Les contrôles d'identités se multiplient.
Coup de tonnerre, début Février, 44 parents convoqués (21 couples
et 2 parents isolés)
au Tribunal Administratif de Cergy, pour examen de leur requête en annulation d'APRF Les enfants de ces familles sont scolarisés dans 11
écoles de la ville d' Aubervilliers.
A
l'appel du comité, des parents d'élèves, des enseignants et de nombreux citoyens
d'Aubervilliers sont venus exprimer leur soutien aux familles sur la place de la
Mairie à l'occasion des départs vers le Tribunal.
La Mairie a mis à
la disposition des familles et des soutiens un autocar pour se rendre au
Tribunal, pendant les 3 jours.
Les audiences ont eu lieu en présence des soutiens,
dont nombre de lycéens qui avaient tenus à accompagner les familles. La plupart
des avocats étaient commis d'office, nous avons pu leur remettre toutes les
pièces des dossiers des familles que nous suivons.
Le Comité tient à remercier les jeunes traducteurs
bénévoles d' Aubervilliers, qui ont aidés les avocats à prendre connaissance de
la situation des familles, et qui ont permis d'éviter tout mal entendu entre les
avocats et les familles.
Toutes les décisions ont été
mises en délibéré, nous les attendons dans les semaines qui suivent. |
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Nouvelles convocations au Tribunal Administratif pour 8 familles, le 2 mars:
15 parents convoqués (7
couples et 1 parent isolé): 10 élèves de 9 écoles d'Aubervilliers.
Les
élèves et les enseignants sont en vacances, les membres
restants du comité accaparés par l'affaire de la famille
Chaudhry (le Préfet de Paris avait décider de reconduire
le papa au Pakistan, où l'attendait la prison, laissant la
famille dans la misère à Aubervilliers), ont pu quand
même boucler les dossiers.
Nous avons
accompagné les familles à Cergy, accompagnés d'un
jeune interprète bénévole qui a pu aider les deux
avocats commis d'office.
Nous avons dû
préter main forte à un avocat dont la
spécialité était très
éloignée du droit des étrangers.
Autres convocations attendues très prochainement.
Les jugements nous parviennent au compte goutte, nous en avons plusieurs dizaines en attente. |
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Marche à suivre en cas de jugement positif,
c'est à dire quand l'arrété de reconduite à
la frontière a été annulé par le juge du
Tribunal Administratif, et qu'il a demandé à la
Préfecture de réexaminer la situation.
N'attendez pas d'être convoqué par la Préfecture, vous ne le serez pas !
Allez à la Préfecture de Bobigny, le jugement vous protège.
Si vous n'y allez pas, la situation ne sera jamais examinée.
Sans rendez-vous, les Lundi, Mardi, Jeudi et Vendredi à la PORTE 1, BUREAU N°13 à 14 Heures.
Il est conseillé d'être là-bas à 12 heures.
LISTE DES PIECES A FOURNIR: ORIGINAL + 1 Photocopie pour chaque pièce.
- JUGEMENT
- PASSEPORT
en cours de validité, ou à défaut,
Récépissé de Demande de Renouvellement du
passeport auprès du consulat.
- EXTRAITS DES ACTES DE NAISSANCE, des personnes concernées et de leurs enfants.
- ACTE DE MARIAGE
- JUSTIFICATIF DE DOMICILE: Edf, quittance de loyer e.t.c..
- 4 PHOTOS D'IDENTITÉ Noir et Blanc.
Il vous sera
délivré une autorisation provisoire de séjour de 3
mois, avec ou sans autorisation de travailler.
Rappel:
Le préfet a un mois après la date de notification du
jugement pour faire appel, tant que la Cour d'Appel n'a pas
statuée le jugement reste valable et vous protège. Vous
aurez donc aussi une autorisation provisoire de séjour.
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Agence France Presse
Circulaire Sarkozy : la Cimade dénonce "une triste farce" |
PARIS (AFP) - La Cimade dénonce jeudi les refus de régularisations
"injustes et arbitraires" que les autorités ont opposés aux parents
sans papiers d'enfants scolarisés, à l'été 2006, dans le cadre de la
circulaire Sarkozy et "exhorte les futurs élus" à régulariser les
déboutés.
Dans une enquête intitulée "de la loterie à la tromperie",
la Cimade (Conseil oecuménique d'entraide) revient sur la circulaire du
13 juin 2006 qui a organisé, sous conditions, la régularisation
"exceptionnelle" des étrangers en situation irrégulière dont au moins
un des enfants était scolarisé depuis septembre 2005.
Sur plus de
30.000 demandes de régularisation présentées durant l'été, 6.924 ont
été acceptées, laissant 24.000 demandeurs - et au moins autant
d'enfants - toujours en attente d'un règlement de leur situation.
Dénonçant
"cette triste farce", la Cimade rappelle que Nicolas Sarkozy, alors
ministre de l'Intérieur, avait publié la circulaire dans un contexte de
forte mobilisation du Réseau éducation sans frontières (RESF) pour
empêcher des expulsions. "A l'impressionnant mouvement de solidarité
suscité par le sort de milliers de familles et d'enfants (....), le
ministre a répondu à sa manière : pouvoir discrétionnaire, critères
flous et, finalement, quotas de régularisation", s'insurge la Cimade.
L'association
reproche en particulier à Nicolas Sarkozy d'avoir "fixé un quota (...)
et fait mentir la promesse initiale d'un examen particulier de chaque
dossier".
De fait, le 24 juillet, lors d'une réunion avec les
préfets, M. Sarkozy avait annoncé que 6.000 régularisations seraient
accordées sur un total estimé à cette date de 20.000 demandes. "Le 15
août, le ministre de l'Intérieur confirme le chiffre de 6.000
attributions de cartes de séjour, alors que plus de 30.000 demandes ont
finalement été déposées", relève le rapport. "Autrement dit, les 10.000
dossiers déposés dans les dernières semaines ont été a priori tous
regardés comme infondés", en déduit la Cimade.
"Nombre de familles
répondant parfaitement aux critères ont vu leur demande de titre de
séjour rejetée de manière totalement arbitraire", accuse-t-elle. Pour
la Cimade, la "situation intolérable" faite aux "familles victimes de
quota, massivement confrontées à des refus de régularisation à la fois
injustes et arbitraires (...) ne pourra perdurer au delà des échéances
électorales prochaines".
Le nouveau gouvernement, ajoute-t-elle,
"devra répondre aux milliers de familles en attente de régularisation
et aux nombreux citoyens qui restent mobilisés à leur côté".
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Vous pouvez télécharger le rapport de la Cimade en cliquant ici (format pdf)
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Triste Anniversaire de la circulaire Sarkozy
Un an de lutte |
EXTRAIT DU JOURNAL 13 juin 2007
Il y a un an, le 13 juin 2006,
un grand espoir est né pour les familles d’Aubervilliers,
qui correspondaient aux critères énoncées par la
Circulaire Sarkozy.
Le but annoncé, très médiatiquement, était de faire cesser les situations scandaleuses dans lesquelles se trouvent de nombreuses familles, qui craignent à tout moment de voir un père, une mère, ou les deux parents reconduit de force à la frontière,
laissant le reste de la famille caché ici : le conjoint et les
enfants et même un enfant tout seul comme c’est
arrivé à Aubervilliers, l’année
dernière
Plus de 80% des familles ont reçu un refus de séjour motivé à l’identique, suivi, pour une très grande majorité d’entre elles, d’un Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière.
Les membres du Comité ont alors travaillé d’arrache-pied pour aider chaque famille à saisir le Tribunal Administratif, pour y contester cette cruelle décision Préfectorale.
Depuis
Décembre 2006, nous accompagnons les familles convoquées
au Tribunal Administratif. Le juge considère que pour une grande
majorité des familles déjà audiencées, la Préfecture a violé les lois françaises, et les conventions signées par la France,
en prenant ces Arrêtés de Reconduite à la
Frontière. Il exige alors le réexamen du dossier par la
Préfecture.
Depuis un an plus de 30 parents ont été arrêtés, le Comité s’est toujours mobilisé d’urgence pour obtenir des libérations.
Nous savons
que les dates de vacances scolaires coïncident souvent avec les
arrestations, et que pendant ces périodes la disparition
d’un parent nous est annoncée tardivement, faute des
relais scolaires.
Le risque est aussi beaucoup plus grand de voir des familles
entières arrêtées, les enfants étant
gardés à la maison ou sur le lieu de travail.
Face aux grandes craintes, que font naître la période d’été, le Comité de Vigilance a pris les décisions suivantes :
• Les réunions de Comité sont maintenues tout l’été,
chaque Jeudi à la Bourse du Travail, 13 rue Pasteur à
Aubervilliers. 17h30 pour les soutiens et 18h30 pour les familles.
Chacun demeurera ainsi au courant de ce qui se passe sur la ville.
• Le 11 rue Pasteur, reste opérationnel en Juillet et Aout pour faire face aux urgences et continuer à préparer les dossiers des familles convoquées au Tribunal.
• Il est vivement recommandé aux familles de placer les enfants en Centre de loisirs, pour qu’ils ne perdent pas le contact avec leurs camarades, et les autres parents.
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Les parents sont conviés à profiter de la période
pour enrichir leur français.
Le comité met sur pied, deux cours de Français par semaine, le matin à 9h30 et le soir à 18h30 pour que chacun des deux parents puissent y participer à leur tour.
De nombreux sans-papiers se sont déjà inscrits pour assister aux cours.
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ARRESTATIONS EN SERIE de parents d'élèves.
La période des vacances, tant
attendues pour certains, a été pour nous une
période difficile. Sans les contacts quotidiens des parents avec
l'école, nous perdons une de nos principales sources
d'information. La nouvelle de l'arrestation d'un parent nous parvient
beaucoup plus tardivement. Il n'est plus possible de mobiliser une
école. Les enfants étant souvent gardés à
domicile, l'arrestation de la famille au complet devient possible. Nous
avons donc conseillé aux parents d'envoyer le plus souvent
possible leurs enfants au centre de loisirs, afin de réduire ce
risque. Les familles ont suivies nos conseils, ce qui a
été très bénéfique aux enfants qui
ont pu ainsi continuer à progresser, plutôt que de rester
plongés 24 heures sur 24 dans le milieu familial sans pratiquer
d'autre langue que celle de leurs parents. Des cours de français
ont été organisés pour les parents, qui maintenant
sont très demandeurs.
Dès le 27 juin 2007, un père de famille Algérien a été arrêté.
Ce Monsieur a deux frères français, un père français et un fils français.
Sa femme actuelle et sa petite fille sont malheureusement sans papiers, comme lui.
Alors que les deux parents étaient déjà sous le
coup d'un Arrêté de reconduite à la
Frontière et attendaient leur convocation au Tribunal, la
Préfecture a décidé de donner au papa un second
arrêté de reconduite à la frontière.
Nous avons soutenu la famille devant le juge des libertés au Tribunal de Bobigny.
Le juge a décidé de le maintenir en rétention.
Le 5 juillet, nous étions à Cergy, au Tribunal
Administratif. Devant ce cas peu ordinaire, le juge nous a
étonné. Le papa a été replacé en
rétention dans l'attente du délibéré
jusqu'au soir, il a été ensuite libéré
à notre grand soulagement muni d'un simple papier indiquant
l'Arrêté de reconduite à la Frontière est
annulé. Quelques jours plus tard arrivait le jugement complet,
que nous avons du lire à plusieurs reprises, pour comprendre que
si le second APRF avait été annulé, les APRF
d'origine de chacun des deux parents étaient confirmés.
Nous avons eu du mal à expliquer au papa que sa
libération ne signifiait pas du tout la possibilité d'une
régularisation prochaine.
De retour du Tribunal Administratif, le 5 juillet, nous avons appris
l'arrestation d'un papa colombien de deux élèves
d'Aubervilliers, au métro Quatre-Chemins. La police avait obtenu
de lui qu'il téléphone à sa femme pour qu'elle
apporte le passeport, sous prétexte d'une libération prochaine.
Elle l'a fait, et a vu partir son mari dans le fourgon. Elle a eu la
chance de ne pas être arrêté aussi. Le papa a
été placé en rétention au Mesnil Amelot.
Alors que la libération semblait très proche, la
Préfecture a saisi le juge des libertés de Meaux pour
pouvoir le maintenir en rétention. Un avocat a été
trouvé in extremis. L'audience était à
Meaux, le dimanche matin. Nous y avons retrouvé Monsieur
Martinez très éprouvé. Il avait été
maintenu 18 heures de trop en rétention, sans aucun cadre
juridique. Cela fut invoqué comme vice de forme par l'avocat, et
reconnu par le juge.
Nous avons eu la grande joie de raccompagner ce papa chez lui à Aubervilliers.
Le 12 juillet, nous avons eu confirmation d'une arrestation à
Metz d'un père bolivien de deux élèves
d'Aubervilliers. Sous le coup d'un APRF non contesté, plus aucun
recours juridique n'était possible.
Le 18 juillet, un jeune majeur de 22 ans sortait du centre de
rétention de Oissel après y avoir passé 32 jours.
Le 12 aout 2007, nous apprenons l'expulsion d'un papa mongol,
arrêté à Metz, pour lequel nous avions fait de
vaines recherches afin de localiser la petite fille que l'ont nous
disait scolarisée à Aubervilliers. Nous avons compris
plus tard, que du fait de l'état civil mongol, elle n'avait pas
le même nom que son père. Ce n'est qu'après
l'expulsion que nous avons compris que faute d'information et de
contact avec la famille, rien n'avait été fait à
temps pour cette famille complètement isolée et
désemparée. La maman se trouvait désormais seule
enceinte de huit mois avec une fille de huit ans et sans plus aucune
nouvelle du papa.
Le cas a beaucoup ému les sans-papiers et les soutiens.
Nous avons fait notre possible pour aider cette famille. Cette
expulsion sera notre échec de l'été 2007, nous
redoublerons de vigilance tout le reste des vacances pour que plus
aucune famille en détresse reste ainsi isolée.
Le 16 août, nous apprennons qu'un autre papa se trouve dans une
situation désespérée au centre de rétention de
Paris-Vincennes. Le Préfet de Paris a pris un
arrêté de reconduite à la Frontière, la
requête en annulation a malheureusement été faite
48 heures et sept minutes plus tard. Le tribunal Administratif l'a
rejetée car trop tardive de sept minutes.
La maman, régularisée et malade, est seule avec deux enfants. Une enfant est, elle aussi, malade.
Nous sommes allés au Palais de justice de Paris dans l'espoir
que le juge des libertés permette la libération de ce
papa très éprouvé, qui avait fait un malaise la
veille.
L'audience a été très éprouvante, mais le maintien en rétention confirmé.
Le lendemain, ce papa a été "gracié" par le Préfet de Paris.
Enfin le 30 août, nous avons découvert un papa d'Aubervilliers
qui comparaissait en rétention devant le juge du Tribunal
Administratif, en présence de sa femme et de ses enfants libres,
mais totalement paniqués. Cette famille nous était
complètement inconnue.
Le juge a prononcé l'annulation de l'Arrêté de reconduite à la Frontière.
Pour connaitre en détail les arrestations de l'été 2007 cliquez ici
| Bilan été 2007 |
- un papa Algérien libéré par le Juge du Tribunal Administratif
- un papa colombien libéré par le juge de liberté
- un jeune majeur bolivien libéré après 32 jours en rétention
- un papa bolivien libéré après 32 jours en rétention
- un papa mongol expulsé en Mongolie
- un papa malien gracié et libéré par le Préfet de Paris
- un papa capverdien
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C'est avec soulagement que nous avons vu les enfants regagner les
écoles d'Aubervilliers en septembre. L'arrestation des parents aura
maintenant beaucoup moins de chance de passer inaperçue.
Septembre verra aussi malheureusement l'arrestation d'autres parents.
Arrestations de Septembre 2007: Cliquez ici
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POINT DE LA SITUATION des familles déboutées de la Circulaire Sarkozy du 13 juin 06.
Les derniers arrêtés de reconduite à la
Frontière par voie postale ont été donnés
il y a plus d'un an. Les parents des familles concernées ne sont donc plus sous le coup de ces arrêtés préfectoraux.
Il s'agit des familles dans les situations suivantes:
- n'ont pas fait de requête en annulation auprès du Tribunal administratif
- ont vu la décision de reconduite confirmée par le juge
- ne sont pas encore passées au Tribunal Administratif.
Pour les familles qui ont vu les arrêtés de reconduite
annulés par le juge, elles ont pu bénéficier d'une
autorisation provisoire de séjour, avec ou sans autorisation de
travailler dans l'attente d'un réexamen de situation.
Très peu de réexamens ont eu lieu pour l'instant, et bien
peu de personnes ont pu obtenir une carte de séjour. La
Préfecture renouvelle les autorisations provisoires de 3 mois
à plusieurs reprises.
Nous avons déjà eu deux cas douloureux de familles,
convoquées pour un renouvellement de titre de séjour
provisoire et qui sont ressorties de la Préfecture, non
seulement démunies de titre de séjour, mais, en plus, avec une "obligation à quitter le territoire".
Le traumatisme est grand pour les parents, et les enfants, qui,
après des mois d'existence légale, sont brutalement replongés dans la clandestinité.
Le fait que la Préfecture n'ait pas fait appel des jugements
leur avait laisser espérer un réexamen favorable.
Ces familles doivent maintenant immédiatement, si elles en ont les moyens, prendre un avocat pour saisir de nouveau le Tribunal Administratif,
la procédure OQTF (réforme de décembre 2006) est
beaucoup plus contraignante, il est désormais impératif
de faire appel à un avocat spécialisé.
Dans quelques cas d'Arrêtés de reconduite annulés par le Juge Administratif, la Préfecture a fait appel des jugements auprès de la cour d'Appel de Versailles.
Les premières audiences ont lieu mi-décembre à
Versailles, les familles ont dû prendre un avocat pour se
défendre contre la Préfecture. Nous attendons de voir si
la Préfecture, tiendra compte des ordonnances de la Cour
d'Appel, (si elles sont favorables aux familles), pour leur accorder un
titre de séjour.
Quelques rares familles, mécontentes du jugement au
Tribunal Administratif, ont, elles aussi, saisi la cour d'Appel.
Cette
fin d'année est bien lugubre, mis à part les quelques
familles régularisées, l'incertitude est grande chez tous.
Pour les parents toujours dépourvus de titre de séjour, la crainte de l'arrestation est grande,
un nouvel arrêté de reconduite à la
Frontière sera pris. Il pourra être contesté dans
les premières 48 heures de rétention, le passage aura
lieu sous quelques jours au Tribunal Administratif, sous escorte policière.
En cas de jugement défavorable, la reconduite d'un des parents suivra.
Le conjoint et les enfants seront plongés brutalement dans la
plus grande détresse affective et matérielle. Une famille
d'Aubervilliers a vécu cette situation au cours de
l'été, un enfant est né, privé de son père. Le sort de sa soeur de 8 ans et de la maman nous a beaucoup ému.
Pour les parents titulaires d'un titre provisoire, ils savent désormais qu'ils ne sont pas à l'abri d'une nouvelle décision de la Préfecture les obligeant à quitter le territoire. Chaque renouvellement de titre provisoire se fait dans l'angoisse.
Pour les parents qui ne sont pas encore passés au Tribunal, et toujours à la merci d'une arrestation, ils désespèrent de recevoir un jour une convocation au Tribunal Administratif.
Nous
savons le tribunal à la limite de l'engorgement, du fait de
l'avalanche de requêtes en annulation d'obligation à
quitter le territoire qu'il doit enregistrer. La Préfecture
répond très souvent par une "Obligation à Quitter
le territoire" aux demandeurs de titre de séjour. S'ils veulent
contester cette décision, ils doivent saisir le Tribunal.
Le seul espoir de
voir, désormais, la situation réellement examinée
est de saisir le Tribunal après un refus de la Préfecture.
Cette attitude préfectorale conduit à l'asphyxie du Tribunal.
Sans preuve, nous ne dirons pas que c'est le but visé.
Malgré des assurances contraires qui nous ont été
données, nous craignons une décision du Tribunal qui déciderait de ne plus audiencer les familles déboutées de la circulaire du 13 juin 2006, sous le prétexte que les arrêtés de reconduite d'un an d'age ne sont plus légalement applicables.
Une telle décision priverait arbitrairement les familles, en
attente de convocation, de la possibilité de voir leur situation
réexaminée en Préfecture. Elle
instaurerait une grave injustice entre les familles qui ont eu la
chance d'être convoquées et celles qui ne le seraient pas, et replongeraient dans la clandestinité.
Nous comptons beaucoup sur la sagesse du Tribunal pour persister à audiencer les familles,
malgré la dégradation des conditions de travail
imposée par l'afflux continu des nouvelles requêtes.
Nous savons déjà que quelques familles sont
convoquées en Janvier 2008, nous espérons beaucoup que
toutes les autres le seront bientôt. |
Ordonnances de non lieu à statuer: l'incompréhension
| Nouvelle menace inattendue pour les familles déboutées de la circulaire du 13 juin 2006. Nous avons informé les familles qui attendent encore de voir leur dossier examiné par le tribunal administratif, que plusieurs d’entre elles avaient été frappées, au cours des dernières semaines d’une ordonnance de non lieu à statuer,
notifiée par le tribunal, qui leur signifie par là, que leur attente a
été vaine et que la requête en annulation contre l’arrêté de reconduite
à la frontière, ne sera pas examinée.
Depuis quelques semaines, cette menace dont nous avions entendu parler
par le réseau éducation sans frontières du 93, s’est concrétisée à
Aubervilliers, pour 6 familles au moins. C’est dans le plus grand
désarroi que les parents, a qui nous disions depuis des mois de
patienter, car leur tour viendrait, nous ont apporté ces ordonnances.
Mis à part quelques mauvais dossiers, pour lesquels une ordonnance de
non lieu à statuer remplace avantageusement un jugement négatif, les familles frappées ne comprennent pas ce qui motive ces ordonnances et pourquoi l’accès à la justice leur est refusé,
alors que d’autres familles sont encore convoquées. Nous avons fait
part au Tribunal de la déception que provoque ces non-lieux, et nous
espérons voir la source se tarir. Nous ignorons les raisons du tribunal
mais il n’est pas difficile de comprendre que l’abondance des requêtes
en annulation des décisions des deux préfectures y est pour quelque
chose. Les familles, qui ont reçu ces ordonnances de non lieu, ont la possibilité de saisir la cour d’appel (faible taux de succès jusqu’à présent),
ou de faire une nouvelle demande de séjour en Préfecture. Un nouveau
refus leur est notifié sous forme d’Obligation à Quitter le Territoire
(OQTF), elles pourront de nouveau saisir le tribunal.
Mais, cette fois-ci, la procédure étant désormais écrite, il est
nécessaire de faire appel à un avocat. Elles doivent donc dépenser
quelques centaines d’Euros, et patienter encore quelques mois, au
risque de se faire arrêter, pour voir enfin le dossier examiné par le même tribunal. Pour ce qui est des familles, ni encore convoquées, ni encore frappés d’un ordonnance de non lieu à statuer, nous espérons encore les voir convoquées prochainement,
même s’il ne nous sera pas facile de raconter les audiences, en
présence des familles exclues qui pour certaines vivent en France
depuis plus de 10 ans. |
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